Il y a quelques jours, Radio RVA publiait un premier article qui avait le mérite de dire les choses clairement : les travaux du centre-ville de Cournon d’Auvergne mettent les commerçants en grande difficulté. Certains ont même dû quitter les lieux ou fermer boutique, asphyxiés par une perte de clientèle et des accès rendus presque impossibles.
Cet article, largement relayé et commenté, a mis en lumière une réalité que vivent également les commerçants clermontois depuis des années : des travaux longs, mal organisés, sans réelle concertation, et avec des conséquences dramatiques pour la vie économique locale.
Un deuxième article au ton beaucoup plus « apaisant »
Mais visiblement, ce premier papier dérangeait… Résultat ? Radio RVA publie un deuxième article sur le même sujet — cette fois dans une série en 3 volets — qui tranche radicalement avec le ton du premier.
Objectif : rééquilibrer le discours et atténuer les effets de la première publication.
On y découvre un tout autre angle : celui de la « solidarité » entre habitants et commerçants, de la « patience » nécessaire, de la promesse d’un « beau résultat final », et même de commerçants qui « tiennent bon » malgré les difficultés.
On y cite notamment un coiffeur qui, bien qu’ayant constaté des difficultés d’accès et une baisse de fréquentation, continue à travailler… mais qui se heurte aussi à un système d’indemnisation opaque et injuste.
Le message sous-jacent : « Circulez, il n’y a plus grand-chose à voir »
Ce deuxième article insiste surtout sur deux idées très classiques dans la communication de nos collectivités :
Les riverains sont solidaires, patients et compréhensifs.
Tout ira mieux après les travaux, il faut juste attendre et souffrir en silence.
Un discours que l’on connaît par cœur à Clermont-Ferrand, et qui est systématiquement servi chaque fois que des habitants ou des commerçants osent protester contre les conditions de réalisation des chantiers.
Une tentative de réécriture du réel ?
Il est évident que ce deuxième article n’a pas été publié par hasard. Après les nombreux partages et commentaires suscités par le premier (très critique), il devenait urgent pour certains d’envoyer un autre message, plus positif, plus « officiel ».
Mais les faits restent les faits :
Des commerces ont fermé.
D’autres ont fui le centre-ville.
Les clients désertent les zones de chantier.
Les indemnisations sont loin d’être automatiques ou suffisantes.
Et surtout : les mêmes méthodes produisent les mêmes résultats. À Cournon comme à Clermont.
Radio RVA nous offre ici un cas d’école de gestion de communication de crise locale. D’abord un article vérité qui dérange, puis très vite un article apaisant pour rassurer les élus, les partenaires institutionnels et limiter les dégâts.
Mais les habitants et les commerçants, eux, vivent une autre réalité. Celle des rues impraticables, des clients absents, et des fermetures en série.
À Clermont ou à Cournon, le problème reste le même : ce sont toujours les mêmes qui subissent les conséquences d’une vision de l’urbanisme déconnectée du quotidien.





