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Bon à savoir

Clermont-Ferrand : à défaut de place nette, la police du net

Perquisition, interpellation au domicile familial, placement immédiat en garde à vue. Les policiers clermontois ne font pas dans la dentelle quand il s’agit d’arrêter un mineur auteur d’une vidéo polémique à l’encontre de l’exécutif municipal clermontois. Le dispositif employé, totalement hors normes au regard des faits reprochés, interpelle d’autant plus qu’à ce jour la qualification pénale retenue par le Parquet reste inconnue.

A-t-on pris, sur réquisition, un pilon pour écraser une mouche ? Ne s’agirait-il pas d’une opération de dissuasion massive à l’égard de ceux qui seraient tentés de se laisser aller sur les réseaux sociaux à un an et demi des prochaines élections municipales ? La police locale, un peu comme la cavalerie américaine, arrive tardivement. Bien après, en tout cas, l’enquête à charge menée tambour battant par Médiacoop, plus coop que média pour ce site proche de la mairie. Tous les éléments de « l’affaire » figurent dans l’article de ce site qui livre sans retenue, le nom de l’intéressé, celui de ses parents, son parcours scolaire jusqu’aux supposés fils avec l’opposition municipale. Un beau travail de lynchage et de suspicions qui rappelle les heures glorieuses de l’URSS. Un beau travail d’investigation qui passe juste sous silence la pointure et le tour de taille du mis en cause. La Montagne au moins dans son rôle de petit télégraphiste, conserve ses pudeurs de gazelle en ne donnant pas l’identité de celui-ci.

Que l’on ne s’y trompe pas, ce n’est pas le fait que des élus saisissent la justice qui est en cause, mais le déploiement de force utilisé alors qu’une simple convocation au commissariat aurait suffi. Le paradoxe de cette histoire, c’est que c’est le maire de Clermont qui, par sa plainte et ses déclarations, a donné de la notoriété à une vidéo qui aurait dû rester dans les abimes d’internet.

L’extrême sévérité policière employée tranche surtout avec un sentiment sinon de laxisme, au moins d’impuissance de la chaîne pénale à Clermont, ville dont on mesure quotidiennement la dégradation en termes d’insécurité. Tout cela donne le sentiment d’une ville à la dérive qui va être placée un peu plus sous les projecteurs des médias nationaux pour le pire et pas le meilleur. Il souffle décidément un drôle de vent sur la capitale auvergnate. Où est donc passée sa douceur de vivre ?

France Bleu

La Montagne