Depuis l’annonce de la fermeture de l’hypermarché Auchan Nord par le groupe Mulliez, le journal La Montagne s‘est fait l’écho des nombreuses réactions qui s’en sont suivies. Inquiétude des salariés et de leurs représentants syndicaux, quel devenir pour les commerçants de la galerie commerciale, quelles répercussions sur les commerces de proximités qui bénéficiaient de l’attractivité de l’enseigne phare de l’ensemble de la zone commerciale, sentiment d’abandon des consommateurs plus ou moins proches du centre commercial.
La fermeture d’Auchan c’est également un coup porté aux habitants du secteur pour qui Auchan fait partie intégrante de leur environnement quotidien.
Pour le maire Olivier Bianchi, «c’est une mauvaise nouvelle pour tous les salariés, pour tout le quartier, pour Clermont-Ferrand et pour l’aménagement commercial du Nord de l’agglomération».
Déclaration de circonstances pour le premier magistrat de la ville puisqu’il ne pouvait en ignorer la fermeture prévisible et annoncée.
En effet, le premier permis de construire d’une surface de 1 400m2 déposé par Lidl a été retoqué à deux reprises. Une première fois par la commission départementale d’aménagement commerciale (CDAC) pour des raisons de sécurité par rapport aux accès du parking branchés sur la voie rapide et pour les mêmes motifs par la commission nationale d’aménagement commercial (CNAC) suite aux recours du dépositaire du permis.
Afin de détourner les autorisations administratives, Lidl a revu son projet à la baisse en déposant un permis de moins de 1000m2 au lieu de 1400m2. Au final le maire de Cébazat a signé le nouveau permis
Le dossier est instruit par Clermont Auvergne Métropole en lien avec les services de la mairie de Cébazat. Le permis au final signé par le maire de Cébazat Flavien Neuvy, également vice-Président de Clermont Auvergne Métropole.

Quel intérêt pour le maire de Cébazat à délivrer un permis pour lequel il n’y a pas de retombées fiscales pour sa commune puisque la taxe sur les surfaces commerciales ( TASCOM) est versée à Clermont Auvergne Métropole ?
Pourquoi avoir signé ce permis qui même revu à la baisse en terme de surface commerciale posait les mêmes risques par rapport aux accès et que rien n’a été modifié en matière de sécurisation ? Le facteur accidentogène reste et demeure présent. Il suffit de fréquenter la voie rapide pour vérifier la vitesse d’accélération des automobiliste après avoir franchi le dernier rond point dans le sens Clermont – Riom.
A terme, comme c’est très souvent le cas, il est probable que Lidl déposera un permis d’agrandissement de sa surface commerciale sachant que la CDAC n’aura pas à être consultée ni a fortiori la CNAC .
Seul intérêt pour la commune de Cébazat : «Deux supermarchés, même pas des hypers, pour une ville de bientôt 10 000 habitants, cela ne me semble pas disproportionné.», selon le maire. Tout est dit.
Pourquoi ne pas avoir refusé le permis au motif qu’il n’était pas conforme et dérogeait à la stratégie d’aménagement commercial conformément à la délibération du conseil communautaire en date du 15 décembre 2017 qui propose entre autre de: Rééquilibrer la structure périphérique du Sud vers le Nord ( Clermont-Nord- Gravanches)?
Finalement, autant de motifs pour refuser le permis déposé par Lidl. Dans le cadre d’un recours devant les juridictions administratives, outre la conformité au PLU, le juge aurait examiné l’accessibilité via la voie rapide . Aurait il alors confirmé ou déjugé l’avis de la CNAC?
Sur le fond, il aurait eu à se prononcer sur la pertinence de l’implantation d’un supermarché en contradiction avec la stratégie d’aménagement commercial de Clermont Auvergne Métropole.
Sur ce dernier point, les sages de la haute cour n’hésitent pas à analyser l’économie générale du projet en examinant sa conformité non seulement au PLU, mais également en matière d’aménagement du territoire et de sa conformité au SCOT.
Pour mettre en œuvre le rééquilibrage affichée du Sud ver le Nord et affirmer cette volonté le courage politique s’imposait…Il n’y en a pas eu.
Comme le rappelait l’un de mes professeur il y a longtemps cette locution du droit romain:«Tu patere legem quam ipse fecisti».
Autrement dit:« Souffre la loi que tu as faite toi-même ».
Jean VICTOR




