Intéressons nous dans ce post à la nouvelle obsession de notre maire le label « ville d’art et d’histoire » (à défaut d’avoir eu la capitale de la culture).
Le label Ville d’art et d’histoire est une distinction officielle française attribuée par le ministère de la Culture aux communes ou pays qui s’engagent à :
1. Valoriser leur patrimoine :
- Bâti : monuments historiques, quartiers anciens, architecture contemporaine…
- Naturel : paysages, espaces verts, jardins…
- Industriel : sites industriels anciens, ateliers, machines…
2. Animer et sensibiliser le public :
- Visites guidées, conférences, ateliers pédagogiques…
- Publications, expositions, événements…
- Mise en place d’outils numériques et d’applications mobiles…
3. Favoriser la qualité architecturale et du cadre de vie :
- Accompagnement des projets d’urbanisme et d’architecture…
- Sensibilisation aux questions d’environnement et de développement durable…
4. Soutenir la recherche et la diffusion des connaissances :
- Etudes historiques et archéologiques…
- Publications scientifiques et grand public…
- Colloques et journées d’études…
Délivré pour une durée de 5 ans, le label est un gage de qualité et d’engagement pour les territoires qui l’obtiennent. Il permet aux habitants et aux visiteurs de mieux connaître et apprécier le patrimoine, de participer à son animation et de contribuer à sa préservation.
En 2023, on comptait 203 territoires labellisés Villes et Pays d’art et d’histoire, dont 123 villes et 80 pays. Vous pouvez retrouver la liste complète sur le site du ministère de la Culture :
Monsieur le Maire justifie sa démarche en indiquant que le label est gratuit, ce qui au demeurant est vrai. Mais il semble oublier que pour obtenir ce fameux label, il faut un dossier en béton ou énormément de points sont passés au cribles et notamment :
Dépenses éligibles
- Coût du personnel gérant le label VPAH
- Prestations extérieures (techniques, intellectuelles, cachets artistiques)
- Communication sur les actions VPAH
- Location/achat de matériel pour réaliser les actions
- Expositions, outils de médiation du patrimoine, valises pédagogiques, outils numériques d’aide à la visite.
- Modalités de calcul de la subvention régionale
Maximum de 20% du coût des dépenses éligibles avec une aide plafonnée à 15 000 € / an.
Source :
En sachant cela, on peut dire à minima que ce n’est pas gratuit, qu’il y aura du personnel à payer (donc une charge pour la collectivité). Peut être un moyen de « recaser » les CDI embauchés dans la précipitation dans l’association de la capitale européenne de la culture ???
Un autre article fort intéressant, mais qui date un peu nous devons l’avouer (2014) explique en résumé :
Aucun changement à Bar-le-Duc, ville d’art et d’histoire depuis 2002
Bien qu’espéré, il est difficile de savoir si le label a un réel impact sur le tourisme ou l’économie. Du côté de l’Office du tourisme strasbourgeois, on n’a évidemment encore pas senti de différence. Le label n’a rien changé en tout cas à Bar-le-Duc, petite ville de 16 000 habitants dans la Meuse, reconnue « ville d’Arts et d’Histoire » depuis 2002. Bien que la ville affiche le logo bien en tête de son site web, juste à côté de « ville fleurie », Étienne Guibert, en charge du patrimoine à la ville de Bar-le-Duc, détaille :
« La visibilité n’augmente que peu avec l’obtention du label. C’est surtout pour les écoles, les groupes scolaires… Et on a un cercle de passionnés du patrimoine qui est demandeur d’animations autour de cette thématique, mais ce sont toujours les mêmes. »
L’article complet :
Au final, qu’en conclure ? Non l’obtention de ce label ne semble pas justifier une augmentation significative de bénéfices et la niche visée est plus que restreinte. Par contre les charges inhérentes à l’obtention de ce label et à sa conservation sont elles bien réelles et il est tout a fait légitime de se poser la question : ce label est il nécessaire pour la ville ???





