paques au balcon La Montagne du 20 Avril 2025
Bon à savoir

Pâques à Clermont : une phrase lourde de sens

Lors du conseil municipal de Clermont-Ferrand du vendredi précédent le week-end de Pâques 2025, une scène anodine en apparence a suscité la stupeur parmi les observateurs. Alors que le maire OLIVIER BIANCHI quittait la séance, il lança à l’assemblée : « Bon week-end à tous ». Une formule à laquelle plusieurs élus répondirent naturellement : « Bonnes Pâques » ou « bon week-end de Pâques ».
Mais la réaction du maire fut immédiate et sans équivoque. Selon le quotidien La Montagne (édition du 20 avril 2025), l’élu aurait rétorqué, avec sérieux :
« Non, pas de Pâques ici. La laïcité ne s’applique pas seulement à l’islam. Et c’est un croyant pratiquant qui vous le dit. »
Que faut-il comprendre de cette réaction ? Qu’un simple souhait de « Bonnes Pâques », aussi culturel que festif, serait en contradiction avec le principe de laïcité ?
En réalité, cette interprétation relève d’un glissement dangereux de la notion de neutralité vers une hostilité implicite à tout héritage culturel associé à l’histoire chrétienne de la France — même dans ses dimensions les plus laïcisées et largement partagées.
Car il faut le rappeler : Pâques est un jour férié officiel, tout comme Noël ou la Toussaint, non pas pour des raisons confessionnelles, mais parce que ces fêtes sont inscrites dans notre calendrier depuis des siècles. Elles font partie du patrimoine culturel commun, indépendamment de la foi religieuse.
En rejetant le mot même de « Pâques » dans une instance publique, le maire de Clermont-Ferrand semble vouloir imposer une vision extrêmement rigide — et idéologisée — de la laïcité. Une vision qui ne protège plus la neutralité de l’État mais qui tend à nier ou effacer ce qui relève de la tradition française, sous prétexte de ne pas privilégier une religion.
Mais cette conception biaisée ignore volontairement que la laïcité française protège les libertés, et ne commande pas une amnésie collective. Elle ne consiste pas à gommer tout ce qui évoque notre histoire ou notre culture, mais à garantir que les institutions n’imposent aucun culte, tout en permettant l’expression individuelle et symbolique.
Ce n’est pas la première fois que le maire de Clermont-Ferrand manifeste une volonté de remodeler l’espace public selon ses propres convictions idéologiques. Ce rejet d’une fête traditionnelle s’inscrit dans un mouvement plus vaste de déconstruction culturelle, que notre association tente de montrer : réécriture de l’histoire locale, mépris des racines populaires, marginalisation des traditions au profit de postures abstraites et élitistes.
La déclaration d’Olivier Bianchi n’est pas qu’une maladresse. Elle traduit une volonté politique : celle de remodeler les références culturelles communes, sous couvert de modernité ou d’ouverture.
Mais cette stratégie d’effacement ne peut rester sans réponse, car elle touche à notre mémoire collective, à notre mode de vie, à ce qui nous unit.
Notre association appelle donc les Clermontois à rester vigilants face à ces dérives sémantiques et symboliques, qui sont autant d’indices d’un projet de transformation de la ville sans ancrage ni respect des citoyens.