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Bon à savoir

Oui, le maire est responsable de votre sécurité

Alors que la situation sécuritaire se dégrade à Clermont, en particulier dans le secteur de l’avenue Charras (encore un mort le weekend pascal 2025), il est important de rappeler que le maire n’est pas un simple spectateur des événements. Il est le premier responsable de la tranquillité publique dans sa commune.
Ce que dit la loi :
Article L2212-2 du Code général des collectivités territoriales (CGCT) :

« La police municipale a pour objet d’assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. »

Article L2212-1 du même code :
« Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l’État dans le département, de la police municipale. »
Les pouvoirs du maire en tant que OPJ
Les pouvoirs du maire en tant que OPJ
Cela signifie que le maire a un pouvoir propre et une obligation de résultat en matière de sécurité locale. Il peut, et doit, prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir les troubles à l’ordre public, lutter contre les trafics, sécuriser les espaces publics, protéger les habitants.
Et pourtant…
Depuis 2014, Olivier Bianchi a systématiquement sous-estimé ces enjeux. Il a préféré miser sur les grands projets culturels et urbains, laissant les quartiers sensibles à l’abandon. La piétonnisation de l’avenue Charras, sans réflexion sur les conséquences sécuritaires et sans prendre en compte les remontées des commerçants et riverains à l’époque, en est un exemple frappant.
De plus, refuser d’armer la police municipale, alors que les agressions violentes, les trafics et les phénomènes de bandes se multiplient, revient à priver les agents d’un moyen de protection, et donc à affaiblir délibérément l’efficacité de l’action municipale en matière de tranquillité publique.
Aujourd’hui, lorsqu’il se contente de dire que “l’État peut compter sur la coopération de la Ville”, Monsieur Bianchi oublie qu’il n’a pas attendu l’État pour refuser d’agir pendant des années.
Nous avons ce weekend réussi à parler avec un policier qui nous as expliqué ce que le maire pouvait dès à présent mettre en place. Six points essentiels se dégage de cet échange instructif.
1. Mobilisation de la police municipale
Le maire peut orienter la police municipale vers les zones sensibles – comme certains secteurs du centre-ville ou les quartiers prioritaires – afin d’y assurer une présence dissuasive, de surveiller les regroupements suspects, et de signaler les points de deal à la police nationale, seule habilitée à intervenir directement sur les affaires de trafic.
2. Arrêtés municipaux ciblés
Des arrêtés municipaux peuvent être pris pour limiter les regroupements dans des zones à risque, réglementer les horaires d’ouverture des débits de boissons ou interdire certaines occupations de l’espace public, ce qui peut contribuer à déstabiliser l’organisation des trafics. Ce type de mesure a déjà été utilisé dans d’autres villes françaises avec un certain succès.
3. Renforcement de la vidéosurveillance
Déjà présente dans plusieurs zones de Clermont-Ferrand (place de Jaude, certains quartiers dits sensibles), la vidéosurveillance pourrait être étendue ou optimisée afin de mieux documenter les flux suspects, identifier les revendeurs et appuyer les enquêtes de la police nationale. Le maire a le pouvoir d’impulser cette politique et d’en définir les priorités.
4. Prévention et sensibilisation
Le maire peut mettre en place ou soutenir des campagnes de prévention contre la drogue, en lien avec les collèges, lycées, associations et centres sociaux. Cette action est essentielle pour agir en amont et éviter que des jeunes ne tombent dans l’engrenage de la consommation ou du deal.
5. Coopération interinstitutionnelle
Le maire peut – et doit – travailler étroitement avec le préfet, le procureur de la République et les forces de l’ordre afin de coordonner des opérations ciblées, y compris des évacuations d’immeubles ou des fermetures administratives de commerces liés indirectement au trafic. En tant que chef de la commune, le maire a la légitimité pour solliciter une intensification des moyens.
6. Aménagement urbain stratégique
Enfin, un réaménagement intelligent de l’espace public (meilleur éclairage, suppression de recoins isolés, réorganisation des espaces comme les Carmes ou les Bughes) peut rendre les lieux moins propices au trafic. Cette approche dite de « prévention situationnelle » est reconnue pour son efficacité.
Clermont mérite une politique de sécurité digne de ce nom. Pas des communiqués creux, pas des demi-mesures, pas des prises de parole opportunistes à l’approche des élections. Ce week-end, nous avons constaté que le journal partisan La Montagne a réagi presque immédiatement à l’indignation suscitée par Monsieur Bianchi après son premier article sur le meurtre de l’avenue Charras, en publiant un nouveau papier manifestement destiné à désamorcer cette vague de protestation.
La sécurité est une responsabilité. Et c’est au maire d’en répondre mais encore faut il le vouloir.