Cnews Clermont Ferrand face a la guerre des gangs
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Clermont-Ferrand : de la ville paisible à la « guerre des gangs » sur CNEWS

Le 10 août 2025, l’émission Insécurité, les Français obligés de se défendre seuls ? diffusée sur CNEWS a consacré une large séquence à Clermont-Ferrand, longtemps perçue comme une ville paisible mais désormais rattrapée par une explosion de la violence. Après l’introduction générale sur l’insécurité nationale, le bandeau d’antenne change et affiche un titre explicite : “Clermont-Ferrand face à la guerre des gangs”.

Marlène Hostache, secrétaire départementale d’Alliance Police Nationale 63, décrit une situation où la criminalité, les règlements de comptes, les homicides et les blessés graves ne sont plus cantonnés à quelques quartiers mais s’étendent désormais à tous les recoins de la ville. Selon elle, les habitants ne comprennent pas, malgré la présence constante des forces de l’ordre, la criminalité continue de croître.

À 1’16, Madi Seydi, communicante et habituée des plateaux, attribue cette explosion de la violence avant tout à l’échec de l’État. Elle souligne l’hypocrisie des discours politiques à l’approche des échéances électorales, où chaque candidat surenchérit en promesses sécuritaires sans traiter le problème en profondeur. Pour elle, la responsabilité incombe clairement aux élus.

À 2’24, le journaliste Wandrille de Guerpel enchaîne en rappelant que ce sont toujours les honnêtes gens qui paient le prix fort. Selon lui, ce climat sécuritaire dégradé profitera électoralement au Rassemblement National.

À 3’19, le groupe Facebook SaccageClermont est cité par la journaliste, qui note qu’il constitue pratiquement l’unique espace où les habitants peuvent encore s’exprimer librement sur ces sujets, faute d’écoute ailleurs. L’essayiste Rémi Tell considère que ce type de groupe est essentiel pour rompre l’isolement des citoyens confrontés à ces réalités. Il établit un parallèle avec la colère légitime qui monte face à la déconnexion des élus sur le sujet de l’insécurité. Pour lui, le narcotrafic représente une menace existentielle pour la France, notamment avec de nouvelles tentatives de corruption de fonctionnaires, et doit devenir la priorité absolue de toute action politique.

À 5’06, la journaliste rapporte la défense d’Olivier Bianchi, maire de Clermont-Ferrand : fermetures d’épiceries de nuit, interdiction de vente d’alcool dès 19h dans certaines rues, renforcement des effectifs municipaux. Des mesures contestées, car la réalité des chiffres est tout autre : seuls environ 45 policiers municipaux sont réellement actifs, loin des 70 annoncés. Le maire, soucieux de conserver son mandat, va jusqu’à affirmer qu’un changement d’édile ne résoudrait pas le problème et que prétendre le contraire relèverait de “l’escroquerie”.

Pourtant si Olivier Bianchi voulait réellement se servir de son pouvoir d’officier de police judiciaire, il pourrait déjà instaurer un couvre-feu pour les mineurs, comme c’est le cas dans d’autres villes, mais ceci ne semble pas être sa priorité.

À 5’40, Christian Flaesch, ancien directeur de la police judiciaire de Paris, explique que lorsque les maires s’investissent réellement, les relations entre police municipale et nationale sont excellentes — ce qui n’est pas le cas à Clermont-Ferrand. Il compare la situation à la gestion des prisons, où “acheter la paix” a conduit à laisser passer certaines choses. Au niveau local, on retrouve ce même schéma : privilégier une paix sociale apparente plutôt que traiter le fond des problèmes.

Chiffres violence à Clermont
Chiffres violence à Clermont

À 8’15, Marlène Hostache revient à l’antenne pour constater que les interpellations n’endiguent pas la progression des infractions. Elle conclut en affirmant que Clermont suit désormais la trajectoire de Grenoble. Les chiffres donnés en fin de reportage confirment cette tendance : 1 381 infractions liées aux stupéfiants enregistrées à mi-2025 (+59 % par rapport à 2024), 737 interpellations et près de 100 kg de drogues saisis. Malgré ce travail, les policiers ne sont pas suivis par la justice, comme le montre la conclusion de la séquence.

Cet extrait marque une étape symbolique : Clermont-Ferrand, longtemps absente du récit médiatique national sur l’insécurité, est désormais placée au centre du débat, avec des constats clairs, des chiffres incontestables et des témoignages convergents.

Les discours officiels de minimisation apparaissent de plus en plus déconnectés de la réalité vécue par les habitants.