Le quartier de Montferrand, et plus particulièrement l’entre-deux-villes, semble être devenu le nouveau terrain de jeu de la municipalité clermontoise. Entre les projets des Francs Rosiers, l’ancien siège d’Enedis, le site Cataroux, la Fabrik de Mai et bien d’autres, l’urbanisme local connaît de profondes transformations. Cependant, un point nous interpelle : la gestion des ventes foncières par la ville.
Depuis plusieurs mois, nous observons des transactions immobilières pour le moins discutables : des biens cédés par la ville toujours aux mêmes marchands de biens et à des prix largement inférieurs aux estimations des services des Domaines. Plongeons dans le détail de ces opérations.
Un marché immobilier à deux vitesses sur l’avenue de la République
En nous appuyant sur des sources officielles (DVF, cadastre.gouv.fr, délibérations du conseil municipal de Clermont-Ferrand), nous avons analysé six projets immobiliers récents situés sur l’avenue de la République. Voici ce que nous avons constaté :
- Deux fonciers ont été acquis par des promoteurs via des ventes entre privés (sans intervention de la collectivité).
- Quatre fonciers ont été cédés par la ville. Ces terrains étaient détenus de longue date par l’intermédiaire de l’EPSMAF (Établissement Public de Santé Mentale d’Auvergne).
Dans chaque cas, les projets immobiliers impliquent soit une démolition du bâti existant, soit une rénovation complète avec une extension significative de la surface construite. Mais c’est au niveau des prix que les différences deviennent inquiétantes.
Des écarts de prix inquiétants
L’analyse des transactions révèle un écart de prix frappant :
- Le prix moyen au m² pour les ventes entre privés s’établit à 1 418,06 €.
- Le prix moyen au m² des biens vendus par la ville chute à seulement 488,99 €.
Une telle différence interroge : pourquoi la municipalité brade-t-elle son patrimoine foncier ? Pourquoi certains promoteurs bénéficient-ils d’un prix largement sous-évalué par rapport au marché ?

Un manque à gagner pour la collectivité
Si la ville vendait ses terrains à un prix correspondant à celui du marché, elle pourrait récupérer des dizaines de milliers d’euros supplémentaires, argent qui pourrait être réinvesti dans des projets d’intérêt général. Au lieu de cela, ces transactions à prix cassé profitent à quelques acteurs privés, au détriment des finances publiques.
Nous demandons des explications et une plus grande transparence sur ces ventes foncières. La collectivité ne doit pas être la grande perdante d’un Monopoly immobilier où seuls quelques-uns tirent les bénéfices.
Quelles solutions ?
Face à cette situation, il est essentiel que les citoyens soient informés et que la municipalité rende des comptes. Voici quelques pistes d’amélioration :
- Rendre publiques et accessibles les évaluations des services des Domaines avant toute vente de bien communal.
- Garantir la mise en concurrence des acheteurs pour éviter que seuls quelques promoteurs bénéficient des cessions foncières.
- Exiger une meilleure valorisation du patrimoine municipal afin que la ville cesse de brader ses biens à des prix dérisoires.
L’association Vigilance Citoyenne Clermont Métropole reste mobilisée et continuera d’enquêter sur ces pratiques. Nous appelons les habitants à rester vigilants et à exiger des réponses !




