Basilique Notre-Dame du Port
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530 000 € jetés dans le vide : Notre-Dame-du-Port, chronique d’un fiasco métropolitain

Le 27 juin 2025, à l’occasion du dernier conseil métropolitain, Julien Bony, élu d’opposition, a mis en lumière un scandale financier passé jusqu’ici sous les radars. Il concerne un projet de requalification des abords de la basilique Notre-Dame-du-Port, joyau roman clermontois inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Un projet qui ne verra jamais le jour, après quatre ans d’études, de réunions, de concertations et de dépenses publiques massives. Bilan : 530 000 € d’argent public évaporés.

Une gestion calamiteuse dès l’origine

Tout part d’une idée qui, sur le papier, semblait logique : améliorer l’environnement immédiat de la basilique Notre-Dame-du-Port, site classé et emblématique de Clermont-Ferrand. La requalification des abords visait à valoriser ce patrimoine exceptionnel. Mais le dossier, dès le départ, était mal ficelé, voire irresponsable dans sa gestion.

La métropole a engagé 450 000 € en études de faisabilité et en maîtrise d’œuvre. Malgré cela, elle a découvert tardivement l’évidence même : le site est contraint par des exigences archéologiques et patrimoniales extrêmement fortes, comme tout lieu classé au patrimoine mondial. Une réalité qui aurait dû être anticipée dès le démarrage du projet. Il n’en a rien été.

L’aveu final : projet abandonné

Après ces quatre années de simulacre de préparation, Clermont Auvergne Métropole admet enfin que le projet n’est pas réalisable en l’état, compte tenu des contraintes archéologiques majeures. En guise de conclusion, la collectivité vient d’ajouter 80 000 € supplémentaires à l’équipe de maîtrise d’œuvre… pour non-réalisation du projet. Autrement dit : on les paie pour avoir travaillé sur un projet impossible.

Julien Bony n’a pas mâché ses mots en dénonçant une opération qui « aurait dû être stoppée dès l’amont, dès la première alerte, dès les premiers échanges. » Il dénonce une fuite en avant budgétaire symptomatique d’une métropole qui semble préférer dépenser, quitte à abandonner, plutôt que de reconnaître une erreur de pilotage.

Une fois encore, aucune responsabilité

Aucun élu majoritaire, ni au conseil municipal ni au conseil métropolitain, n’a assumé cet échec retentissant. Pire : aucune remise en cause, aucun plan pour éviter que cela ne se reproduise. Le fonctionnement technocratique à huis clos, les décisions prises dans l’entre-soi, et l’absence totale de méthode rigoureuse sont encore passés sous silence.

Quand l’UNESCO devient prétexte… et non garde-fou

Ce qui choque davantage, c’est la façon dont l’inscription au patrimoine mondial a été instrumentalisée. On brandit volontiers le label UNESCO pour vanter l’image de la ville, en faire un argument de communication, voire de marketing touristique. Mais quand il s’agit de respecter les contraintes strictes imposées par ce même classement, on semble les découvrir… après coup.

En vérité, il n’y a eu ni rigueur, ni cohérence, ni anticipation. Ce n’est pas seulement un problème de méthode : c’est un problème de gouvernance.

Une exigence citoyenne

Notre association, Vigilance Citoyenne Clermont Métropole, que la responsabilité de ce naufrage soit identifiée, et qu’un audit externe indépendant soit commandité sur l’ensemble des projets métropolitains d’aménagement engagés depuis 2017. Car ce n’est pas un cas isolé. Ce qui s’est passé à Notre-Dame-du-Port est le symptôme d’une politique de l’approximation, d’un mépris pour les deniers publics et pour les citoyens.

Conclusion

530 000 € partis en fumée, sans qu’un seul pavé ne soit refait, sans qu’un seul habitant ne voie d’amélioration sur le terrain. Voilà le bilan réel de ce projet de requalification des abords de Notre-Dame-du-Port. Ce n’est pas seulement un gaspillage : c’est un mépris structurel pour l’argent public et la démocratie locale.