L’étude IPP n°65 sur la fermeture de la voie sur berges à Paris montre que, malgré une amélioration locale du cadre de vie dans le centre (moins de circulation et de pollution sur la zone piétonnisée), la mesure a eu pour effet de déplacer le trafic vers les artères périphériques. Concrètement, l’étude relève une augmentation de la congestion de 15 % sur la portion sud du périphérique – traduite par environ 2 minutes supplémentaires de trajet sur un parcours de 10 km – et une redistribution de la pollution qui expose environ deux fois plus de résidents que ceux qui bénéficiaient d’un air amélioré dans le centre.
Transposition à Clermont‑Ferrand
À Clermont‑Ferrand, plusieurs projets d’aménagement – comme l’instauration progressive d’un schéma de circulation multimodal et la mise en place d’une Zone à Faibles Émissions (ZFE) – visent à réorganiser les flux de circulation et à améliorer la qualité de l’air. Cependant, la congestion est déjà présente partout dans la ville, et les modifications apportées au plan de circulation (tous les travaux lancés en même temps) ont entraîné une augmentation du temps de trajet de plus de 45 minutes pour certains automobilistes. Cette situation a conduit à une augmentation significative de la pollution dans la périphérie, où les véhicules passent plus de temps à l’arrêt ou en circulation ralentie et où il reste bizarrement seulement deux machines actives.
Conséquences directes
- Congestion aggravée : Les axes secondaires et périphériques sont désormais saturés, les automobilistes cherchant des itinéraires alternatifs, ce qui complique la mobilité dans l’ensemble de la ville.
- Pollution accrue en périphérie : On peut raisonnablement en déduire que la redistribution du trafic a entraîné une augmentation des concentrations de polluants (NO₂, particules fines) dans les quartiers périphériques, pouvant aggraver les problèmes de santé publique.
- Difficultés pour les artisans et professionnels : De nombreux artisans évitent désormais le centre-ville, sauf à appliquer des tarifs beaucoup plus élevés pour couvrir les frais liés aux temps de trajet prolongés et à la difficulté d’accès. Cela impacte négativement l’activité économique locale, notamment pour les commerces et entreprises qui dépendent de services de livraison ou d’intervention rapide.
La situation à Clermont-Ferrand illustre les mêmes effets négatifs observés à Paris : une désorganisation des flux de circulation menant à une aggravation de la congestion et une redistribution de la pollution vers les zones périphériques. Les artisans et professionnels sont directement impactés, rendant l’accès au centre-ville plus onéreux et difficile. Sans une approche globale intégrant un renforcement massif des alternatives de transport et une réflexion fine sur la gestion des flux, ces problèmes risquent de s’intensifier, au détriment des habitants et de l’activité économique locale.





