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Bon à savoir

Quand Malik Kebour instrumentalise la presse pour relayer ses préjugés politiques

L’article publié par Malik Kebour dans La Montagne le 15 juin 2025, intitulé « La foi au-dessus de tout », prétend offrir une enquête sur la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) à Clermont-Ferrand et en Auvergne. En réalité, il s’agit d’un texte saturé de biais idéologiques, caractéristique d’un auteur connu pour son engagement à gauche de la gauche, notamment auprès de La France Insoumise, et déjà épinglé pour avoir manipulé une interview de notre association et du groupe SaccageClermont.

Ce qu’il présente comme une « enquête » est une série de jugements à charge, d’amalgames malhonnêtes et d’insinuations dénuées de rigueur journalistique. L’objectif n’est pas d’informer, mais de diaboliser toute forme de religiosité traditionnelle en la plaçant automatiquement sous le sceau de l’extrême droite.


1. Biais lexicaux et insinuations systématiques

Dès le titre – « ces cathos intégristes proches de l’extrême droite » – le cadrage est clair : il ne s’agit pas de comprendre un phénomène religieux, mais de le condamner. Aucun effort d’analyse, aucun pluralisme dans les sources citées, seulement une accumulation de termes à connotation péjorative : intégristes, radicaux, sectaires, ultraconservateurs, rejet de l’homosexualité, repli, communautarisme, etc.

Le vocabulaire n’est pas neutre. Il est systématiquement orienté. Ainsi, l’auteur ne mentionne jamais que la FSSPX reste pleinement insérée dans un tissu social local et que ses membres participent à la vie de la cité. Il se contente de répéter qu’ils « restent entre eux », qu’ils constituent un « noyau dur », qu’ils « limitent les contacts vers l’extérieur », sans apporter aucune preuve concrète de comportements d’hostilité ou de prosélytisme agressif.


2. Absence totale de contradictoire

Pas une seule parole issue de la Fraternité n’est présentée autrement que sous forme de citations indirectes ou rapportées. Aucun entretien de fond avec un responsable local ou national. L’abbé Cartier est mentionné comme ayant « poliment décliné » une interview, et la Fraternité est accusée de garder le silence. L’auteur s’en sert pour renforcer le soupçon, alors même qu’un délai a été proposé par l’abbé Peignot pour répondre plus sereinement à une demande visiblement orientée.

L’article ignore volontairement toute tentative de compréhension doctrinale ou liturgique. La messe tridentine est caricaturée comme un folklore obscur, sans jamais rappeler que le rite en latin est encore pratiqué légalement dans de nombreux pays, ni que le motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI (2007) en avait étendu l’usage.


3. Décontextualisation historique et falsification implicite

L’article affirme que la FSSPX a « converti un ancien cinéma porno » en chapelle à Clermont dans les années 1990. Le ton est volontairement sarcastique, comme si l’auteur voulait souligner une forme d’absurdité ou d’hypocrisie. En réalité, transformer un lieu profane en lieu de culte est une démarche courante dans l’histoire des religions. Cela n’a rien de particulièrement choquant ni d’illégal.

Autre exemple : la reprise de l’école des Dominicaines de Brignoles est présentée sous un angle accusatoire. L’auteur cite l’expression selon laquelle les jeunes filles doivent être « gardiennes de l’âme chrétienne », pour en tirer une conclusion immédiate : les femmes y seraient réduites à un rôle de subordination. Aucun témoignage, aucune analyse pédagogique de l’établissement n’est fournie. Juste une interprétation péjorative d’un extrait tiré hors contexte.


4. L’amalgame avec Civitas : l’argument paresseux

L’auteur consacre un long passage à rappeler les liens entre Civitas et la FSSPX. Il signale leur tentative conjointe d’organiser une messe publique en 2021 à Clermont, en plein Covid. Soit. Mais cette tentative fut rendue publique et encadrée, et nul fait délictueux n’en est sorti. Que Civitas ait été dissous par décret gouvernemental en 2023 pour des prises de position controversées ne permet en rien de condamner par association la FSSPX dans son ensemble.

Ce procédé rhétorique – l’amalgame par proximité idéologique supposée – est précisément ce que la déontologie journalistique condamne. On ne démonte pas une institution religieuse en la rapprochant artificiellement de groupuscules dissous. Et l’on n’analyse pas un courant de pensée en citant un ancien porte-parole d’un parti politique dissous (François-Xavier Peron) comme s’il parlait au nom d’une congrégation religieuse entière.


5. Des témoignages anonymes orientés

Le seul récit personnel proposé dans l’article est celui d’un certain « Pierre », converti après avoir fréquenté la FSSPX. Son ami raconte que cela l’a changé, qu’il s’est isolé, qu’il est devenu plus religieux. Là encore, aucune enquête de fond, aucun recoupement, seulement un « portrait-type » du converti aliéné, coupé du monde et fanatisé.

Ce type de témoignage est typique d’une presse qui cherche à susciter la peur et non à produire de la compréhension. On pourrait en écrire autant sur des convertis à n’importe quelle confession religieuse, à commencer par des mouvements protestants ou musulmans.


6. Le cas Malik Kebour : journaliste ou militant ?

Rappelons que l’auteur de cet article, Malik Kebour, n’est pas neutre. Outre son engagement public en faveur de La France Insoumise, il est directement impliqué dans une affaire de falsification d’interview. Il avait modifié le contenu d’un entretien réalisé avec notre association ainsi qu’avec le groupe facebook  SaccageClermont, changeant le sens de nos propos avant publication. Ce précédent suffit à remettre en cause sa crédibilité journalistique. Il est inacceptable qu’un organe de presse tel que La Montagne lui confie la rédaction d’enquêtes sociétales sensibles, sans encadrement critique ni contradictoire.


Conclusion : un article à charge, sans rigueur, sans méthode

Ce texte n’est pas une enquête. C’est un pamphlet politique déguisé en reportage, conçu pour renforcer les préjugés de ses lecteurs plutôt que pour les éclairer. La pratique religieuse traditionaliste mérite évidemment un débat public sur ses implications, mais elle ne peut être traitée comme une anomalie sociale simplement parce qu’elle déroge à la norme laïcisée dominante.

Le rôle d’un journaliste n’est pas de distribuer les bons et les mauvais points à l’aide de stéréotypes, mais d’examiner les faits, de faire entendre les voix opposées, de contextualiser les pratiques et d’informer avec rigueur.

Ce que La Montagne a publié ce 15 juin est tout sauf cela. Remarquez aussi que ceontrairement à de nombreux articles, celui ci est disponible en intégralité gratuitement. Il appartient désormais aux citoyens d’exercer leur esprit critique face à de tels procédés.