La drogue tue affiche
Bon à savoir

Campagne municipale sur les drogues : une mobilisation tardive, à l’approche des municipales ?

France 3 Auvergne a diffusé le 12 novembre 2025 un reportage consacré à la nouvelle campagne municipale de sensibilisation sur la consommation de drogues. La Ville met en avant une série d’affiches présentées comme « choc », destinées à interpeller directement les consommateurs. Le message affiché est explicite : faites-vous aider.

Olivier Bianchi l’affirme au micro de la journaliste : « il n’y a jamais eu de campagne de ce type pour la drogue ». Cette déclaration suffit à poser le problème central. Deux mandats successifs, dix années de responsabilités, et aucune action comparable jusqu’ici. Pourquoi cette soudaineté ? Pourquoi cette efficacité retrouvée précisément à quelques mois des élections municipales ?

L’opposition partage la même interrogation. Julien Bony, candidat déclaré, insiste sur la nécessité de concentrer les efforts sur la répression des trafiquants et ne cache pas son étonnement : si cette campagne était jugée indispensable aujourd’hui, pourquoi n’a-t-elle pas été lancée plus tôt ?

La municipalité annonce un déploiement massif d’affiches dans toute la ville, y compris hors des secteurs identifiés comme points de trafic. Deux passants interviewés dans le reportage estiment que cette communication pourrait « faire évoluer les mentalités ». À Vigilance Citoyenne Clermont Métropole, nous observons ce contraste entre l’enthousiasme spontané de quelques personnes et l’absence de réponses à des questions fondamentales. Une campagne d’affichage suffit-elle à masquer une décennie d’inaction sur un sujet aussi structurant ?

Le docteur Authier, psychiatre addictologue, conclut le reportage de manière claire : la prévention doit avancer au même rythme que la répression. Son propos met en évidence ce qui manque aujourd’hui, au-delà des slogans : une politique complète, soutenue, pensée dans la durée, et non dans l’urgence médiatique.

Reste donc les deux questions que nous posions dès le début et qui demeurent sans réponse :

  • Pourquoi avoir attendu dix ans pour agir ?
  • Et surtout, combien coûte cette campagne lancée si tardivement ?