Etude Vélo Parisien 1
Bon à savoir

Le vélo, une pratique encore minoritaire et réservée aux jeunes en bonne santé

Malgré un discours ambiant qui célèbre un « mouvement cycliste » en France, les chiffres livrés par la dernière enquête du ministère des Transports révèlent une réalité plus nuancée, voire contrastée : seul un quart des Français (25 %) déclare utiliser le vélo au moins une fois par semaine. Ce chiffre, bien que présenté comme un progrès, signifie surtout que 75 % des Français n’utilisent pas régulièrement le vélo, et encore moins comme moyen de transport principal.
Les profils des cyclistes réguliers sont clairs : il s’agit principalement de jeunes adultes en bonne santé. La tranche des 11-34 ans est surreprésentée, avec 34 % de pratiquants hebdomadaires. En revanche, la pratique chute avec l’âge : seulement 14 % des 65-85 ans enfourchent un vélo chaque semaine. L’usage du vélo reste donc marginal dans les populations les plus âgées, qui sont aussi celles pour qui les bénéfices en santé seraient les plus cruciaux.

Etude Vélo Parisien 4

Les écarts de genre sont également marqués : 31 % des hommes pratiquent le vélo au moins une fois par semaine contre 19 % des femmes, ce qui indique que l’infrastructure et la sécurité perçue du vélo sont encore loin d’être universellement accessibles.
Géographiquement, les centres-villes concentrent l’essentiel de la pratique cycliste, avec des taux de fréquentation supérieurs à 30 %, quand les zones rurales ou périurbaines plafonnent sous les 26 %. Cela reflète une réalité urbaine où le vélo est soutenu par une politique d’infrastructures, mais aussi un isolement du reste du territoire où il reste inadapté aux distances ou aux conditions routières.

Etude Vélo Parisien 2

Le chiffre brut le plus révélateur, cependant, est celui de la part modale réelle du vélo : seulement 4 % des déplacements en France sont effectués à bicyclette. Cela signifie que le vélo reste un mode de transport très secondaire dans les pratiques quotidiennes. À Paris, une exception notable, cette part atteint 11,2 %, dépassant les déplacements en voiture (4,3 %), mais la capitale reste un cas isolé. Même dans d’autres grandes métropoles comme Lyon ou Lille, la progression est lente voire stagnante.
Enfin, les bénéfices sanitaires et écologiques revendiqués — 200 millions d’euros économisés pour l’Assurance Maladie ou des centaines de milliers de tonnes de CO₂ évitées — reposent sur une pratique idéale et largement minoritaire. Tant que le vélo reste une affaire de jeunes actifs urbains, son impact structurel restera limité.
le vélo progresse, mais lentement, et reste l’apanage d’un public spécifique — jeune, valide, urbain — bien éloigné d’un usage de masse. Les politiques publiques qui prétendent généraliser la pratique doivent se confronter à cette réalité sociologique plutôt que d’ériger un récit optimiste détaché des chiffres réels.
À Clermont-Ferrand, la situation illustre parfaitement cette limite : la part modale du vélo y stagne autour de 2 %, très en deçà de la moyenne nationale déjà basse (4 %). Pourtant, la municipalité affiche un objectif ambitieux, visant 5 % de part modale d’ici 2030 dans son plan vélo. Un écart abyssal entre le discours stratégique et la réalité du terrain, dans une ville encore largement dominée par la voiture et peu structurée pour un usage cyclable quotidien hors du centre.
Source : Le Parisien