Auberge de jeunesse Clermont Ferrand
Bon à savoir

Auberge de jeunesse : un étrange classement sans suite

Le site du journal Marianne publiait le 30 mai dernier un article faisant état d’une enquête du parquet sur un potentiel conflit d’intérêt dans le cadre de la réalisation d’une auberge de jeunesse, à quelques encablures du CHU Estaing. Anticor, l’association de lutte contre la corruption vient d’apprendre à sa grande surprise, et par le plus grand des hasards, que l’affaire avait été classée sans suite par le Parquet Clermontois.

Comme dans les villes du far-west américain, on pourrait planter un panneau à l’entée de la ville de Clermont-Ferrand « lanceur d’alerte, passe ton chemin ». Anticor, association citoyenne de lutte contre la corruption qui a la réputation de présenter des dossiers solides ne s’en est pas encore remise. Il y aurait-il un tropisme particulier au pays des volcans ? Les interrogations qui entourent le dossier de l’auberge de jeunesse ne sont pas récentes mais la volonté diffuse de ne pas voir cette affaire sortir interpelle.

Il y a tout d’abord ce lanceur d’alerte reçu comme un chien dans un jeu de quilles par un service de police très dissuasif. Puis ce dossier « égaré » par le parquet comme si on avait joué la montre sur le délai de prescription. Il y a enfin ce classement sans suite inexpliqué dans tous les sens du terme.

On se souvient que le procureur Eric de Montgollfier avait dénoncé avec force le poids de certaines loges maçonniques à Nice. La Franc-Maçonnerie elle-même n’est pas en cause mais la dérive de certaines loges affairistes toujours friandes de faire jouer leurs relations, officiellement au titre du serment d’entraide entre frères, officieusement pour de fructueux  échanges de services. Plus encore qu’avec Marseille, la capitale auvergnate aurait-elle des similitudes avec la capitale des Alpes-Maritimes ?

Que se passe-t-il de façon souterraine à Clermont-Ferrand ? Pourquoi aucune affaire ne sort depuis des décennies alors que les hommes n’y sont pas plus vertueux qu’ailleurs ? La présence d’un influent groupe de presse, hégémonique, qui a banni toute investigation de ses colonnes n’est sans doute pas étrangère à cette situation. Il faut en effet pour que des affaires voient le jour un certain courage, partagé par toute une chaîne d’acteurs.

Le « pas de vagues « clermontois, est sans doute propice aux business et aux promotions mais il est un dangereux venin pour notre démocratie dont l’un des piliers est l’égalité devant la justice. A ce titre, il doit être combattu. Anticor a perdu une bataille, mais pas la guerre. Elle n’a pas encore dit son dernier mot. La création de l’association Vigilance Citoyenne Clermont Métropole apporte aussi sa pierre à ce besoin essentiel de transparence et de probité. Il appartient à chacun d’entre nous de la soutenir dans ce combat légitime et nécessaire.