Nous vivons dans une ère de post réalité. Impossible de savoir si Olivier Bianchi est un idéaliste naïf, déconnecté des réalités sociales, ou s’il joue un jeu dangereux, préférant esquiver les véritables problèmes pour éviter d’attiser les tensions… ou de compromettre sa campagne. Seul lui détient la réponse.
Les faits : une reconstruction sans réflexion ?
Un an et demi après l’incendie et le saccage de l’école maternelle et de la maison de quartier de Croix Neyrat, les assurances ont accordé un remboursement de 700 000 euros. Très bien. Soit dit en passant, il serait intéressant de savoir combien avait coûté la construction de la maison de quartier ainsi que tout son mobilier. Car cette somme semble bien modeste mais ce n’est pas notre sujet.
Ce qui interpelle aujourd’hui, c’est l’annonce de Monsieur Bianchi : en plus de la reconstruction, une « bonne nouvelle » attend les habitants. Un geste de gratitude ? Mais pour quelle raison ? Pour avoir été patients ?
Ne devrait-on pas plutôt tirer un bilan de ce drame, au lieu de remercier les habitants sans en tirer la moindre leçon ? Au lieu de simplement tendre l’autre joue et sourire ?
Et surtout, qui peut garantir que cette nouvelle maison de quartier ne subira pas le même sort ?
Un climat qui se dégrade, des réponses absentes
Chacun sait que, depuis quelques années, la situation s’est considérablement détériorée dans les quartiers nord. Croix Neyrat, La Gauthière, La Plaine : des zones rongées par la pauvreté, le trafic de drogue et l’islamisme. « La Plaine de problèmes », comme on l’appelle.
À La Gauthière, une crèche a fermé après des tirs de kalachnikov. À l’école voisine, un journal a relevé vingt impacts de balles sur les murs. L’établissement menace aujourd’hui de fermer. Chaque semaine, des voitures partent en fumée.
Et face à cette réalité, la réponse est… reconstruire une maison de quartier et annoncer une « bonne nouvelle » ? C’est donc ça, la leçon tirée de cette tragédie ?
On se garde bien d’évoquer la montée de la violence, on tait les noms des familles responsables de ces actes criminels, et l’on se contente de récompenser la patience des victimes.
Si nous avions l’esprit mal tourné, nous pourrions penser que, à moins d’un an des élections, Monsieur Bianchi cherche surtout à amadouer son électorat. Un cadeau empoisonné.
Mais nous ne sommes pas du genre à prêter de telles intentions. Nous préférons simplement commenter le réel.
Entre naïveté et impuissance : une politique du « vivre ensemble » ?
Les habitants de ces quartiers subissent cette situation depuis trop longtemps. Ils ne méritent ni d’être stigmatisés, ni d’être réduits à de simples spectateurs impuissants. Ce qu’ils attendent, ce ne sont pas des remerciements creux, mais des mesures concrètes pour reprendre le contrôle et améliorer leur cadre de vie.
Après l’incendie, Monsieur le Maire avait osé cette formule : « Il va falloir refabriquer du vivre-ensemble ».
Un an et demi plus tard, alors que les municipales approchent, nous sommes impatients d’entendre son programme. Quelle vision propose-t-il, au-delà des promesses électorales ?





