À l’heure où Clermont-Ferrand tourne la page d’une année supplémentaire, notre association estime nécessaire de poser un bilan clair, documenté et sans complaisance de plus de douze années de mandat d’Olivier Bianchi. Non pas un bilan de communication, mais un état des lieux réel, tel que vécu par les habitants, les commerçants, les agents municipaux et observé dans les finances publiques.
Ce bilan révèle une constante : une fuite en avant, financière, idéologique et politique, accompagnée d’une déconnexion croissante entre le discours municipal et la réalité quotidienne des Clermontois.
1. Finances publiques : dérive structurelle et gabegies assumées
Les conseils municipaux et métropolitains de fin 2025 ont mis en lumière ce que la majorité tente encore de minimiser : une situation financière désormais au seuil d’alerte.
Une dette hors de contrôle
Selon les chiffres présentés par les groupes d’opposition de Julien Bony et Alexis Blondeau, la dette de Clermont Auvergne Métropole devrait frôler les 800 millions d’euros fin 2026, certains calculs intégrant les engagements hors bilan évoquant même le cap symbolique du milliard d’euros. La capacité de désendettement atteint des niveaux considérés comme critiques par les standards financiers des collectivités.
Le trompe-l’œil fiscal
Le discours officiel de « stabilité fiscale » ne résiste pas à l’analyse cumulative :
- +20 % sur la taxe foncière
- +25 % sur la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM)
- +9 % d’augmentation globale des impôts depuis le début du mandat
Ces hausses pèsent directement sur les ménages, sans amélioration perceptible des services rendus.
Des dépenses sans retour pour les habitants
La dérive financière s’illustre aussi par une série de dépenses dont l’utilité publique reste, au mieux, discutable :
- 12 millions d’euros (ou plus) pour une candidature avortée à la Capitale européenne de la Culture (D’ailleurs Monsieur Bianchi avait promis de communiquer les chiffres exacts)
- 1,5 million d’euros pour l’aménagement de l’avenue Charras
- 700 000 euros pour le dossier Auchan Nord
- 530 000 euros de fonds publics abandonnés sur le projet Notre-Dame-du-Port, pourtant classé UNESCO
- 84 millions d’euros pour la grande bibliothèque
Autant de montants engloutis sans bénéfice concret durable pour la population.

2. Sécurité et narcotrafic : l’abandon des missions régaliennes
Alors que la sécurité est devenue une préoccupation quotidienne pour de nombreux habitants, la réponse municipale apparaît tardive, insuffisante et souvent défensive.
Une délinquance en nette hausse
Les chiffres relayés par l’opposition font état d’une augmentation de 15 à 20 % des vols avec violence et des faits de délinquance générale. Ces données contredisent des années de discours rassurants.
L’implantation du narcotrafic
Une note du renseignement criminel de mars 2025 fait état de l’implantation méthodique de la DZ Mafia, réseau marseillais structuré, dans plusieurs quartiers clermontois : Saint-Jacques, Charras, puis Croix-de-Neyrat. Cette progression territoriale s’est faite sans anticipation visible de la majorité municipale.
Une police municipale sous-dimensionnée
Le choix politique est clair : environ 5 recrutements par an, alors que les besoins estimés atteignent 20 agents annuels pour garantir une présence dissuasive. Le résultat est mécanique : absence sur le terrain, sentiment d’insécurité accru. La dernière intervention de Monsieur Cineux à ce même conseil permet aussi de voir la ligne directrice que la majorité municipale tente de suivre.
L’aveu tardif du maire
En 2025, Olivier Bianchi reconnaît lui-même une « dégradation invraisemblable » de la sécurité. Après dix ans de mandat, cet aveu ressemble moins à une lucidité nouvelle qu’à la reconnaissance d’une impuissance durable.

3. Urbanisme et mobilité : le saccage comme méthode
L’urbanisme ainsi que la mobilité sont le cœur historique de la contestation citoyenne, à l’origine même du mouvement SaccageClermont.
InspiRe : communication contre réalité
Présenté comme un succès, le projet InspiRe masque une réalité bien moins reluisante :
- Travaux interminables
- Baisse de fréquence sur certaines lignes
- Désorganisation durable des déplacements
- Greenwashing omniprésent dans la communication officielle
Le cas H2B : opacité et urbanisme délégué
La gestion de certains projets via la société H2B cristallise les dérives de la politique d’aménagement menée sous le mandat d’Olivier Bianchi. Cette structure, régulièrement impliquée dans des opérations d’urbanisme, est pointée pour :
- une opacité persistante sur les conditions d’attribution et de pilotage de projets publics,
- une externalisation de décisions structurantes sans réel contrôle démocratique,
- des choix techniques contestables, parfois en contradiction avec les usages réels de l’espace public,
- l’absence de bilan public sérieux sur les coûts, les délais et l’efficacité des aménagements réalisés.
Centre-ville en difficulté
Malgré l’idéologie anti-voiture, les chiffres restent têtus : 77 % des achats se font encore en voiture. En compliquant l’accès au centre, la municipalité fragilise directement les commerçants, comme l’illustre la situation du marché Saint-Pierre.

4. Éthique, transparence et confusion des rôles
La méthode de gouvernance pose également question.
Une politique en circuit fermé
Sous le thème récurrent de la « politique en famille », sont visés Cyril Cineux et Patricia Aucouturier, accusés d’orchestrer sur les réseaux sociaux des campagnes de disqualification systématique des critiques, réduites à l’étiquette commode « extrême-droite ».
Le voyage au Portugal
En avril 2025, la présence d’un journaliste de La Montagne au sein d’une délégation officielle au Portugal interroge. Qui a financé ce déplacement ? Où s’arrête l’information, où commence la connivence ? À ce jour, les réponses manquent.
Le refus de transparence administrative
Face aux refus répétés de communication de documents publics, l’association a été contrainte de saisir la Commission d’Accès aux Documents Administratifs (CADA) à de nombreuses reprises, sans recevoir de réponses aux questions les plus embêtantes, la municipalité ayant transférée les questions à la Métropole . Une démarche qui en dit long sur la conception locale de la démocratie.
Le dossier Henrion : confusion des rôles et protection du système
Le dossier Henrion illustre de manière emblématique les dérives de gouvernance et de protection en circuit fermé observées sous ce mandat. Jérémie Henrion, collaborateur d’élu au sein de Clermont Auvergne Métropole, a été cité dans un contexte où des tentatives de disqualification et de déstabilisation du mouvement citoyen SaccageClermont ont été relayées par certains réseaux proches de la majorité.
Dans cette affaire, le rôle joué par le média militant Médiacoop interroge directement. Après avoir publié des contenus à charge, manifestement orientés et dépourvus de rigueur déontologique, le média a été contraint de retirer son post face aux nombreuses critiques dénonçant son parti pris et ses méthodes.
Pour l’association, ce dossier révèle un mécanisme récurrent :
- l’utilisation de relais militants ou médiatiques pour attaquer des citoyens critiques,
- l’absence de prise de distance claire de la majorité municipale,
- une confusion persistante entre communication politique, militantisme et information.
Loin d’un incident isolé, le dossier Henrion s’inscrit dans une stratégie de verrouillage du débat public, où la contestation citoyenne est traitée comme un problème à neutraliser plutôt qu’une alerte à entendre.
5. Bilan social interne : services affaiblis, agents sous tension
Un CCAS en déficit massif
Le Centre communal d’action sociale affiche un déficit de 10 millions d’euros, ayant conduit à l’exclusion de 241 bénéficiaires des aides sociales. Une contradiction flagrante pour une municipalité se revendiquant sociale et tentant de couvrir la dette à coup de subvention (9 millions d’euros).

Un malaise interne persistant
Un taux d’absentéisme record parmi les agents municipaux est régulièrement signalé. Il traduit un malaise profond, rarement reconnu publiquement, mais bien réel dans les services.
Un rapport de la Cour des comptes accablant
Le rapport publié par la Cour des comptes, relayé par notre association, soulève des irrégularités graves dans la gestion municipale et sociale sur les cinq dernières années. Parmi les principaux constats :
- Hausse des charges de personnel de +19 %, avec création de postes non justifiée et rémunérations jugées excessives pour certaines personnes proches de l’exécutif.
- Heures supplémentaires abusives, sans cadrage transparent.
- Prime de présentéisme illégale, contraire aux règles applicables.
- Coût de fonctionnement du STMC élevé, révélant un manque d’efficience.
- Tendance à dissimuler certaines charges, nuisant à la fiabilité des comptes publics.
- Dette municipale qui dépasse les 400 millions d’euros, jugée alarmante par les magistrats.
Ce rapport conforte les critiques formulées par l’association : sous la responsabilité directe d’Olivier Bianchi, la gestion sociale et financière de la commune montre des failles structurelles, une absence de pilotage stratégique et un manque de transparence dans l’usage des fonds publics.
Conclusion : une facture laissée aux Clermontois
Pour Vigilance Citoyenne Clermont Métropole, le bilan d’Olivier Bianchi est limpide :
- Endettement massif
- Projets de prestige et de communication
- Missions régaliennes négligées
- Transparence démocratique en recul
La nouvelle année ne saurait effacer ces constats. La facture de cette gestion sera supportée par les Clermontois bien au-delà des élections municipales de 2026. Les chiffres, les faits et les décisions prises resteront, eux, impossibles à masquer.





