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Clermont-Ferrand face au narco-système : la DZ Mafia impose sa loi sous les yeux des pouvoirs publics

Le 10 décembre 2025, France 2 diffusait une nouvelle séquence consacrée à Clermont-Ferrand. Léa Salamé introduit le sujet en rappelant qu’une équipe de France Télévisions s’était rendue dans la ville trois mois auparavant pour documenter la montée du trafic de drogue. Le point de départ était simple : la situation a-t-elle réellement changé depuis ?

Le filmage de terrain montre immédiatement que certains secteurs, notamment les quartiers nord, restent dominés par des organisations criminelles visibles, assumées, installées. Le constat est brut. À chaque carrefour, des guetteurs surveillent les flux et signalent les présences. Plus loin, un barrage filtrant empêche toute intrusion non désirée et protège les vendeurs. Ces scènes publiques interrogent. Pourquoi une telle visibilité ? Pourquoi un tel sentiment d’impunité ? Pourquoi l’action publique locale se limite-t-elle trop souvent à des réponses tardives, ponctuelles, sans stratégie durable ?

Le reportage rappelle ensuite les violences armées ayant frappé ces mêmes quartiers, dont une fusillade à la gare relayée sur notre chaine Youtube le même jour.

France 2 ne se contente pas de montrer. Les journalistes désignent une structure dont la présence n’est plus sujette à débat : la DZ Mafia. Le nouveau procureur, Éric Serfass, affirme ne nourrir aucun doute. Une note du renseignement criminel, datée et présentée à l’écran (minute 1:38), retrace la progression du réseau. Mars 2025 : premiers signaux dans le quartier Saint-Jacques. Mois suivants : implantation au centre-ville, notamment dans le secteur Charras. Puis extension à Croix-de-Neyrat. Un mouvement de conquête progressive, méthodique, appuyé sur des relais locaux.

La caméra cachée utilisée par les journalistes confirme la facilité d’approche des acheteurs et la normalisation du commerce illicite. Sur un marché des quartiers nord, les habitants interrogés témoignent d’une fatigue profonde. Certains décrivent un quotidien rythmé par les nuisances, la tension ambiante, les voix fortes, la peur diffuse. D’autres admettent ne plus croire à une amélioration durable tant les cycles d’accalmie et de reprise du trafic sont devenus ordinaires.

Le reportage donne aussi la parole à Maître Jean-Hubert Portejoie, figure connue du barreau clermontois. Il explique que certains jeunes délinquants de la ville se vantent désormais de « descendre à Marseille » pour s’aguerrir auprès de la DZ Mafia, avant de remonter avec des méthodes plus brutales, plus hiérarchisées, plus codifiées. Ce témoignage révèle un phénomène peu commenté localement : la circulation des pratiques criminelles et l’importation de modèles mafieux structurés dans une ville qui peine déjà à contenir sa propre délinquance.

La dernière séquence change de tonalité. Une habitante de Charras, déjà interviewée par France 2 trois mois plus tôt,  affirme voir un net changement dans son secteur : plus de cris la nuit, plus de guetteurs, et surtout la fermeture du point de deal. Elle attribue l’amélioration non pas à une évolution structurelle, mais à un élément précis : la présence policière permanente, visible, régulière. Le message implicite est limpide : quand la puissance publique occupe le terrain, l’ordre revient. Quand elle recule, d’autres acteurs prennent la place.

Ce reportage apporte deux enseignements contradictoires. D’un côté, un trafic en expansion, structuré, assumé, avec une influence criminelle qui gagne du terrain, en particulier dans les zones où les pouvoirs publics ont abandonné la présence de proximité. De l’autre, la preuve concrète qu’une action déterminée,  continue et non ponctuelle,  peut faire reculer un point de deal et redonner un semblant de normalité à un quartier.

Pour notre association, ces images confirment ce que les habitants racontent depuis longtemps : l’insécurité n’est pas une impression, c’est une réalité observable, documentée, analysée. Et cette réalité n’évoluera qu’à condition d’une stratégie claire, constante, et surtout assumée.