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7 Jours à Clermont : quand l’information locale se confond avec la communication du pouvoir

Lancement 7 jours à Clermont
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Introduction : contexte démocratique et opacité des “médias”

La France traverse une période de tensions démocratiques inédites, marquée par une défiance croissante des citoyens envers les institutions et par une impression que certains cercles locaux et nationaux continuent de fonctionner comme si tout allait bien avec l’approbation de « médias » « complaisants » sur le bilan de nos élus locaux. Dans ce contexte, les “médias” jouent un rôle central en tant que médiateurs entre le public et le pouvoir. Pourtant, certains “médias” locaux, tout en étant visibles, présentent des zones d’opacité qui rendent difficile l’évaluation de leur indépendance économique et éditoriale. Sept Jours à Clermont, “média” numérique clermontois, constitue un exemple pertinent pour examiner ces enjeux, en mettant en lumière les limites de la transparence et les questions démocratiques qu’elles posent.

Qui est Olivier Perrot ?

Olivier Perrot
Olivier Perrot

Olivier Perrot est le dirigeant légal et le directeur de publication de Sept Jours à Clermont, comme l’indiquent les mentions légales du “média” (7joursaclermont.fr). Il préside la SAS éditrice, immatriculée sous le numéro SIREN 833176068 (Pappers), créée en octobre 2017. Cette structure commerciale confère à son dirigeant l’entière responsabilité de la stratégie et de la ligne éditoriale.

Avant de créer le “média”, Olivier Perrot a exercé dans le secteur culturel et commercial. Des profils professionnels accessibles en ligne mentionnent notamment des fonctions de communication, marketing et animation culturelle au sein de la FNAC, où il aurait travaillé durant plusieurs années (Viadeo / Journal du Net).

Parallèlement, Olivier Perrot est lié à plusieurs entreprises et sociétés civiles, notamment KANTI SAS, spécialisée dans le conseil et la communication, ainsi que d’autres structures entrepreneuriales et immobilières (Pappers).

Le “média” Sept Jours à Clermont : statut et structure

Sept Jours à Clermont se présente comme un “média” numérique local couvrant l’actualité de la métropole clermontoise. La société éditrice est une SAS, structure commerciale privée, ce qui implique que ses comptes et la rémunération de son dirigeant ne sont pas librement accessibles (Pappers).

Sur le plan juridique, 7 Jours à Clermont est édité par une SAS commerciale et non par une structure de presse reconnue, et son dirigeant n’a pas de carte de presse (CCIJP), ce qui signifie qu’il n’est pas officiellement journaliste professionnel. Il s’agit donc d’une entreprise commerciale de communication qui produit de l’information, et non d’un “média” reconnu par le statut de la presse. Les publications du site reflètent principalement les activités et discours des institutions locales, ce qui renforce le rôle de relai de communication institutionnelle plutôt que celui d’un organe de presse indépendant.

Le “média” est dirigé de façon centralisée par Olivier Perrot, qui assure la responsabilité éditoriale et administrative. Le choix de cette structure juridique, légitime et conforme à la loi, place néanmoins le “média” dans un cadre où la transparence financière est limitée, et où l’évaluation citoyenne de l’indépendance éditoriale nécessite de recourir à d’autres sources d’information, souvent partielles.

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Transparence financière et opacité comptable

Les derniers comptes accessibles publiquement datent de 2019, avec un chiffre d’affaires d’environ 21 900 € et un résultat net d’environ –15 500 € (Pappers). Depuis l’exercice 2020, les comptes sont déposés avec une déclaration de confidentialité, conformément à l’article L.232‑25 du Code de commerce, ce qui empêche la publication en ligne des bilans détaillés et de la rémunération du dirigeant (Pappers, Rubypayeur, Greffe TC Clermont-Ferrand).

Cette situation est légale pour les petites entreprises, mais elle constitue une zone d’opacité significative pour les citoyens et les observateurs souhaitant évaluer l’indépendance économique du “média”.

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Financements publics : absence de données explicites

Les recherches dans les budgets municipaux et métropolitains, ainsi que dans les délibérations et annexes budgétaires accessibles en ligne, ne permettent pas d’identifier de subventions directes attribuées à Sept Jours à Clermont. Aucune ligne claire et cumulative de financement n’apparaît dans les documents consultables sur le site des délibérations municipales (Ville de Clermont-Ferrand).

Ligne éditoriale et contenus institutionnels

L’analyse des publications disponibles montre une forte prédominance des contenus institutionnels et municipaux. On peut citer, parmi de nombreux exemples :

  • un entretien avec le maire Olivier Bianchi (Entretien),
  • la couverture d’un rassemblement politique autour du maire (Article),
  • un article sur la sécurité locale valorisant les positions officielles (sécurité),
  • la publication régulière de l’agenda des rencontres publiques avec le maire (agenda).

Ces contenus montrent que le “média” relaie majoritairement les discours institutionnels, avec peu de contrepoints ou d’analyses critiques. Cette observation illustre le rôle du “média” dans la normalisation du discours institutionnel, limitant la pluralité des informations sur les enjeux locaux.

Zones de faible lisibilité et enjeux démocratiques

La rémunération du dirigeant de SAS n’étant pas publique et l’absence de comptes détaillés depuis 2020 empêchent toute estimation indirecte de ses revenus ou d’activités annexes. Ces zones de faible lisibilité sont légales, mais elles compliquent l’évaluation de l’indépendance économique et éditoriale du “média”.

Dans un contexte national de défiance démocratique et de tensions sociales, cette opacité souligne comment certaines figures professionnelles peuvent maintenir une stabilité économique et sociale en s’adaptant aux pouvoirs locaux, parfois au détriment d’un débat pluraliste et critique. Cette reproduction sociale fonctionne dans l’ombre des institutions et contribue au déni démocratique par la normalisation de l’information locale.

7 jours a clermont et Olivier Bianchi
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Conclusion : démocratie, oligarchie et “médias” locaux

L’examen de Sept Jours à Clermont et de son dirigeant montre que l’opacité financière, la concentration des fonctions de publication, l’absence de contrepoints éditoriaux et la prédominance de contenus institutionnels posent des questions essentielles sur la démocratie locale. Certaines figures professionnelles locales réussissent à se maintenir visibles et influentes, tout en échappant à un contrôle citoyen complet, illustrant un mécanisme de reproduction sociale et de normalisation du pouvoir.

Ce constat n’est pas une attaque personnelle mais une analyse des mécanismes par lesquels l’oligarchie locale et ses “médias” peuvent entretenir un déni démocratique. Il souligne l’importance pour les citoyens d’exiger transparence, pluralité et responsabilité des “médias” locaux afin de préserver la vitalité du débat public.

Un droit de réponse est ouvert à toute personne ou structure citée et sera publié selon les mêmes conditions de visibilité.