Je n’appartiens pas au Réveil clermontois. Je n’en suis ni membre, ni candidat à aucune élection, sur aucune liste, et je ne m’exprime en aucun cas en son nom. Mon propos n’est pas d’indiquer pour qui voter, mais d’apporter un éclairage citoyen, dans un contexte politique devenu profondément anxiogène.
Si je prends la parole aujourd’hui, c’est en tant que président de Vigilance Citoyenne Clermont Métropole (VCCM63), une association dont l’objet est d’observer la vie politique locale, d’interroger et, lorsque cela est nécessaire, de défendre les citoyens qui cherchent à retisser du lien démocratique,.
La France traverse une période politique d’une gravité rarement atteinte sous la Ve République. Qui pourrait nier que la situation est gravissime, au point que certains commentateurs osent aujourd’hui évoquer, sans détour, le risque d’insurrection ou même de guerre civile ? Beaucoup de citoyens ont le sentiment d’un pouvoir confisqué, d’un gouvernement déconnecté de la volonté populaire, d’une démocratie qui fonctionne formellement mais qui ne rassure plus. Et bizarrement on déplore maintenant les mêmes choses au plan local qu’au plan national. Car en fait, le même système politique est à l’œuvre.
C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre l’émergence d’initiatives citoyennes locales comme Le Réveil clermontois. Non comme une candidature municipale de plus, ni à l’aune de calculs électoraux immédiats ou de pourcentages anticipés, mais comme le symptôme inverse de la résignation.
Depuis l’annonce de cette liste, les critiques se sont multipliées : on lui prédit un score marginal, on le taxe d’amateurisme, on l’accuse d’être de droite, de faire le jeu du maire sortant…
Ces réactions révèlent surtout un logiciel politique usé, obsédé par la tactique, incapable de penser autrement qu’en termes de blocs figés et d’appareils verrouillés.
On ne peut pas à la fois déplorer que rien ne change et refuser de reconnaître l’existence de tentatives démocratiques dès lors qu’elles sortent des sentiers habituels. Refuser toute initiative au motif qu’elle serait minoritaire ou imparfaite revient à acter l’impuissance comme horizon politique.
Une démarche citoyenne réelle
Après avoir observé ce collectif durant plusieurs mois en tant qu’observateur extérieur, et après avoir assisté régulièrement à plusieurs de ses réunions depuis août 2025, je puis attester sur mon honneur que Le Réveil clermontois est une démarche citoyenne réelle !

Il ne s’agit ni d’un recyclage d’anciens appareils, ni d’une opération opportuniste. Je peux en témoigner : on y trouve des libéraux, des gaullistes de la droite sociale, des patriotes, des communistes, d’anciens centristes, bref, des citoyens issus de toutes les obédiences politiques de droite comme de gauche qui ont accepté de travailler ensemble sans renoncer à leurs convictions, mais en refusant qu’elles deviennent des lignes de fracture infranchissables.
Cela peut sembler naïf à certains. Dans un pays où la polarisation devient explosive, cette capacité à cohabiter politiquement est pourtant tout sauf anodine. Elle constitue, à l’échelle locale, une forme de résistance démocratique.
Cette convergence entre citoyens issus de la gauche et de la droite populaires n’est pas sans rappeler certains moments de l’histoire française où l’unité est devenue une condition de survie collective. Elle évoque notamment l’esprit du Conseil national de la Résistance de 1945, lorsque des forces politiques profondément différentes , gaullistes, droite sociale et communistes avaient su dépasser leurs divergences pour défendre l’essentiel : reconstruire le pays, sa souveraineté et la dignité de notre peuple. Ce qui se rejoue ici, à une échelle locale et contemporaine, n’est pas une fusion idéologique, mais une alliance civique.
Certaines critiques ont récemment ciblé le passé professionnel de Yannick Cartailler, notamment son expérience à Dubaï. Les faits sont pourtant simples et publics : Dubaï fut l’un de ses premiers postes à l’étranger, dans le cadre d’une mission au consulat, où il travaillait à l’accompagnement des entreprises françaises à l’export. Le présenter comme un « entrepreneur de Dubaï » venu poursuivre des intérêts privés relève davantage de la diffamation que de l’analyse. Son retour en Auvergne s’inscrit au contraire dans une démarche d’engagement local assumée. Ces attaques personnelles et ces amalgames ne relèvent pas du hasard. Ils s’inscrivent dans une logique bien connue : celle de la bourgeoisie politique et médiatique qui, lorsqu’elle se sent contestée, préfère discréditer les individus plutôt que débattre des idées : c’est un mode de défense de classe.
Il reste environ un mois avant la présentation du programme. Il est normal et même sain que cette liste soit attendue au tournant, notamment sur des sujets sensibles comme la sécurité et le narcotrafic. Les postures et les effets d’annonce ne suffiront pas. Les citoyens jugeront sur le fond.
Mais juger sur le fond suppose d’accepter que le débat ait lieu.





