BHNS à Clermont-Ferrand : quand la mise en service devient une opération de communication
La date du 20 décembre 2025, annoncée comme celle de la mise en circulation du nouveau BHNS, était visiblement trop importante pour être laissée au hasard. La veille, le 19 décembre, l’ensemble des médias clermontois gravitant dans l’orbite municipale s’est livré à un exercice de promotion coordonnée : articles, reportages, interviews, tout y est passé. Communication groupée, message unique, ton maîtrisé.
Mention spéciale à France 3, qui a réussi l’exploit de diffuser trois reportages dans la même journée. À ce niveau de répétition, on ne parle plus d’information, mais de martelage. Le dispositif a même franchi un cap avec un passage au journal national de TF1. Tous les voyants étaient au vert : audience locale, nationale, et récit verrouillé.
L’instant de flottement : la parole donnée à l’opposition
Un moment mérite pourtant d’être isolé. Pour une fois, fait suffisamment rare pour être souligné, la parole est donnée en premier aux opposants de Olivier Bianchi. Quelques secondes de télévision où le discours officiel n’est pas encore installé. Un léger flottement. Presque un accident éditorial.
Puis vient le maire. Fidèle à lui-même. Parfaitement déconnecté du vécu des habitants. Il explique, sans ciller, que trois années de travaux n’étaient pas violentes. Concept intéressant. Sans doute une nouvelle unité de mesure. Peut-être propre à Clermont-Ferrand. Peut-être réservée aux élus qui ne subissent ni les déviations, ni les nuisances, ni l’effondrement du commerce de proximité.
Les arguments recyclés, encore et encore
Le discours se replie aussitôt sur l’argument universel : les conduites d’eau et le réseau de chaleur. Argument massue, passe-partout, utilisable à l’infini. Il justifie tout, explique tout, et surtout dispense de toute remise en question sur la méthode, le phasage ou l’ampleur des travaux.
La phrase clé tombe ensuite, solennelle : « On a fait les choses sérieusement. »
Fin de discussion. Rideau. Circulez, il n’y a rien à voir.
Dilution de la responsabilité : le grand classique
Autre moment révélateur : la défausse sur les ingénieurs. Décision politique au départ, conséquences subies par la population à l’arrivée, mais responsabilité diluée en cours de route. Grand classique de la gouvernance locale. Toujours efficace. Personne n’est vraiment responsable, donc personne n’a vraiment de comptes à rendre.
340 millions d’euros… et après ?
Arrive enfin le chiffre magique : 340 millions d’euros, présenté comme le coût final. Selon plusieurs sources, on serait déjà bien au-delà. Mais à ce stade, l’argent public semble couler avec une fluidité comparable à celle des réseaux fraîchement rénovés. L’essentiel n’est manifestement pas la maîtrise budgétaire, mais la capacité à annoncer un montant rond, rassurant, et suffisamment abstrait pour ne plus choquer.
Attaquer les autres pour masquer le reste
Petit détour également par les attaques contre Marianne Maximi, accusée de dépenser l’argent public sans compter. L’ironie est savoureuse. Apparemment, dépenser devient un problème uniquement quand ce n’est pas soi qui signe les chèques. Quand la dépense vient de l’exécutif local, elle devient soudain sérieuse, responsable, indispensable.
Et maintenant ?
Cette séquence médiatique permet désormais d’y voir clair. Elle révèle sans ambiguïté quels médias sont clairement alignés avec la communication de Monsieur Bianchi, lesquels relaient sans distance le récit municipal, et lesquels acceptent de servir de caisse de résonance à une opération de promotion politique déguisée en information.
Le tri est fait. Les postures sont visibles. Les lignes éditoriales apparaissent au grand jour.
Pour celles et ceux qui souhaitent aller au-delà du discours officiel et se forger une opinion, notre association invite à lire nos nombreux articles et visionner ci dessous les autres vidéos.
Rappel utile pour conclure : nous sommes en trêve pré-électorale. Calme plat jusqu’aux municipales. Puis, une fois les urnes refermées, reprise logique : nouvelle couche de travaux jusqu’à mi-2027 pour Inspire. Ensuite, dans la continuité la plus parfaite : le tram.

Après tout, pourquoi s’arrêter quand tout va si… sérieusement.








