TERENVIE : le projet qui menace de transformer Pont-du-Château en poubelle de la métropole
Un projet industriel qui inquiète la population locale
Le journal télévisé de France 3 Auvergne du 19 octobre 2025 a consacré un reportage à un projet de plateforme de recyclage de terres de chantier envisagé par l’entreprise Terenvie. Cette installation, prévue sur la commune de Pont-du-Château suscite une vive opposition de la part des habitants et d’élus locaux inquiets des conséquences environnementales, sanitaires et logistiques d’un tel site.
Le 18 octobre, une mobilisation citoyenne s’est tenue sur place afin d’alerter les pouvoirs publics sur les risques liés à ce projet. De nombreux riverains étaient présents, rejoints par plusieurs associations locales, dénonçant à la fois le manque d’information, l’absence de garanties sur la traçabilité des matériaux, et la menace d’une dégradation de leur cadre de vie.
Des volumes alarmants et un risque d’importation de déchets
Selon le reportage, la métropole clermontoise produit environ 50 000 tonnes de déchets de chantier par an, un chiffre révélateur de l’intense bétonisation du territoire.
Le projet de Terenvie, lui, prévoit une capacité de valorisation de 200 000 tonnes par an. Un écart qui soulève de nombreuses questions : où iront chercher ces 150 000 tonnes supplémentaires ?
Plusieurs intervenants redoutent une importation massive de déchets provenant d’autres territoires, avec le risque associé d’introduire des matériaux polluants (gravats contaminés, amiante, résidus de BTP non tracés, etc.).
Un conseiller départemental de Pont-du-Château a exprimé dans le reportage ses inquiétudes concernant l’absence de traçabilité claire des déchets à traiter, un point pourtant essentiel pour garantir la sécurité sanitaire et environnementale du projet.
Des impacts routiers aggravés par le projet Inspire
L’un des problèmes majeurs soulevés concerne la circulation routière. Le secteur est déjà saturé par le projet Inspire, qui modifie profondément la mobilité sur l’est clermontois.
L’ajout de centaines de camions supplémentaires nécessaires à l’acheminement des terres de chantier viendrait encore aggraver la situation.
Les habitants craignent une augmentation des nuisances sonores, de la pollution de l’air et un risque accru d’accidents sur des axes déjà fragilisés.
Pont-du-Château, future « poubelle de la métropole » ?
La crainte d’une délocalisation des nuisances vers les communes périphériques est au cœur de la contestation.
Plusieurs manifestants ont dénoncé le risque que Pont-du-Château devienne “la poubelle de la métropole clermontoise”, absorbant les déchets issus de la frénésie de construction du centre urbain.
Le sentiment d’injustice territoriale est fort : Clermont-Ferrand concentre les chantiers et les profits, pendant que les communes voisines hériteraient des externalités négatives.
Une “consultation” qui interroge
Le reportage rappelle qu’à la fin du mois de septembre, la métropole clermontoise a rendu un avis favorable à la création du site Terenvie.
Officiellement, il ne s’agit que d’une simple consultation, la décision finale revenant à la préfecture, attendue avant la fin octobre.
Mais les habitants, échaudés par l’expérience du projet Inspire, redoutent qu’une fois encore une consultation ne serve que de caution participative à une décision déjà actée.
L’exemple d’Inspire, mené au mépris des oppositions locales et des alertes citoyennes, reste en effet dans toutes les mémoires.
Les liens économiques de Terenvie
La société Terenvie est basée à Vénissieux, dans la métropole lyonnaise.
D’après la cartographie issue du site Pappers, elle présente plusieurs connexions avec d’autres entreprises du secteur, notamment Béton Travaux, Serpol et Wolff et Associés.
Ce dernier cabinet, Wolff et Associés, est basé à Chamalières, établissant ainsi un lien direct avec le territoire clermontois.
Ce réseau d’interconnexions renforce la nécessité d’une transparence totale sur les relations financières, les participations croisées et les intérêts économiques qui sous-tendent le projet Terenvie.


Une vigilance citoyenne nécessaire
L’affaire Terenvie illustre une fois de plus la logique de densification urbaine et de gestion technocratique des déchets qui se développe dans la métropole.
Sous couvert d’“écologie industrielle”, des projets d’envergure voient le jour sans réelle concertation, au risque de déplacer les pollutions et d’alourdir encore le bilan écologique d’un territoire déjà saturé.
Notre association appelle les citoyens à rester attentifs à la suite du dossier et à exiger de la préfecture une analyse d’impact indépendante, fondée sur la santé publique, la qualité de l’air et la transparence des flux de déchet





