Olivier Bianchi : entre promesses d’hier et réalités d’aujourd’hui, un bilan contradictoire à l’approche de 2026
À l’heure où Clermont-Ferrand se prépare pour les prochaines élections municipales de mars 2026, l’association Vigilance Citoyenne Clermont Métropole souhaite attirer l’attention des habitants sur le bilan d’Olivier Bianchi, maire socialiste de la ville depuis 2014 et président de Clermont Auvergne Métropole. Alors qu’il a déjà annoncé, dès septembre 2022, sa candidature pour un troisième mandat, nous constatons des écarts troublants entre les engagements de son premier mandat et les résultats observables aujourd’hui, notamment sur des enjeux cruciaux comme la sécurité. À un an de l’échéance électorale, il est temps de faire le point.
Un premier mandat sous le signe des promesses ambitieuses
Lors de sa campagne pour les municipales de 2014, Olivier Bianchi s’était présenté comme un maire porteur de renouveau, promettant une ville plus durable, plus solidaire et plus sûre. Parmi ses engagements, la sécurité occupait une place discrète mais significative. Dans son programme, il évoquait une volonté de renforcer la tranquillité publique et de soutenir les efforts de la police municipale, tout en s’appuyant sur une vision sociale pour prévenir la délinquance. À l’époque, il avait insisté sur une approche équilibrée, refusant de « radicaliser les choses » ou d’ »hystériser » le débat, comme il le rappellera plus tard en 2020 lors d’une interview à La Montagne.
Ce discours apaisant avait séduit une partie des Clermontois, lui permettant de remporter l’élection avec 47,82 % des voix au second tour (mais à peine 11000 votants pour lui) , face à une droite divisée. Une fois en poste, Bianchi avait mis en avant des mesures symboliques, comme l’extension des horaires de la police municipale ou l’installation de caméras de vidéosurveillance dans certains quartiers. Ces initiatives, bien que modestes, semblaient poser les bases d’une politique sécuritaire cohérente.
Un mandat actuel marqué par une dégradation reconnue
Dix ans plus tard, le tableau est bien différent. Lors de ses vœux à la presse en janvier 2025, Olivier Bianchi a lui-même admis une « dégradation de la sécurité d’une façon invraisemblable » à Clermont-Ferrand, une déclaration relayée par La Montagne. Ce constat, brut et inattendu de la part d’un maire en exercice, contraste violemment avec l’optimisme de son premier mandat. Là où il promettait sérénité et maîtrise, les habitants constatent aujourd’hui une hausse des incivilités, des actes de délinquance et un sentiment d’insécurité croissant, notamment dans des secteurs comme le centre-ville ou les quartiers nord.
Comment expliquer ce revirement ? D’un côté, Bianchi rejette une partie de la responsabilité sur des facteurs externes, comme la crise sociale ou le désengagement de l’État en matière de police nationale. Pourtant, en tant que maire, il dispose de leviers concrets : la police municipale, dont il a la charge, n’a pas vu ses effectifs augmenter de manière significative depuis 2014, malgré les besoins criants. Les caméras installées n’ont pas empêché une multiplication des agressions ou des dégradations, et les patrouilles, bien que présentes, semblent insuffisantes face à l’ampleur du problème. Cette inaction tranche avec les discours rassurants tenus il y a dix ans.
Des contradictions qui interrogent sa crédibilité
Cette évolution met en lumière une contradiction majeure : alors qu’Olivier Bianchi se targuait en 2014 de vouloir « redonner ses lettres de noblesse à l’engagement politique » et d’être un « maire apaisant », son incapacité à endiguer la montée de l’insécurité fragilise sa posture. En 2020, lors de sa réélection, il avait promis de « prendre à bras-le-corps » les défis de la ville, y compris ceux liés à la tranquillité publique. Mais les faits parlent d’eux-mêmes : les Clermontois ne se sentent plus en sécurité, et le maire le reconnaît désormais publiquement, sans pour autant proposer de solutions concrètes à court terme.
Sur d’autres fronts, comme la fiscalité, les contradictions sont également patentes. En 2015, il avait imposé une hausse de 9 % des impôts locaux, jurant qu’il n’y aurait pas d’augmentation supplémentaire durant son mandat. Une promesse qu’il a tenu bon an mal an jusqu’en 2020, mais qui semble vaciller aujourd’hui face aux investissements coûteux (projet Inspire, réseau de chaleur) et à une situation budgétaire tendue. Sécurité et fiscalité : deux domaines où les ambitions initiales se heurtent à une réalité bien moins reluisante.
2026 : une échéance décisive pour les Clermontois
À l’approche des municipales de 2026, ces incohérences doivent interpeller les citoyens. Olivier Bianchi, fort de son expérience et de son réseau politique, mise sur un bilan global (transition écologique, culture) pour convaincre. Mais la sécurité, enjeu prioritaire pour beaucoup, pourrait devenir son talon d’Achille. Face à une droite qui cherche à s’unifier et à un Rassemblement National en embuscade – arrivé en tête à Clermont lors des européennes de 2024 –, le maire socialiste devra répondre de ces années de mandat marquées par des promesses non tenues.
Chez Vigilance Citoyenne Clermont Métropole, nous appelons les habitants à rester attentifs et exigeants. Les élections de 2026 ne seront pas seulement un choix de personne, mais un verdict sur une décennie de gestion. La sécurité, la transparence et la cohérence doivent redevenir des priorités. À un an du scrutin, le débat est plus que jamais ouvert : Olivier Bianchi saura-t-il réconcilier ses paroles d’hier avec les défis d’aujourd’hui ? Aux Clermontois de juger.
Sources :
https://www.rcf.fr/articles/actualite/clermontferrand-olivier-bianchi-deja-en-campagne







