Notre département, terre de traditions républicaines est également connu et reconnu par l’importance et l’emprise des loges maçonniques nombreuses et qui ont un rôle déterminant sur la vie politique et administrative de notre territoire.
Les loges maçonniques exercent une influence que beaucoup jugent disproportionnée sur la désignation des candidats aux mandats électifs et les nominations à des postes publics. Une dérive qui interroge la sincérité de notre démocratie locale et heurte les principes fondamentaux du droit public.
Notre République se veut laïque, égalitaire et transparente, les coulisses de la vie publique offrent un tout autre spectacle. En effet,sous des dehors républicains, les loges maçonniques, qu’elles soient issues d’obédiences libérales, spiritualistes ou humanistes, sont devenues au fil du temps de véritables antichambres du pouvoir local. Le phénomène s’il n’est pas nouveau, a pris une ampleur telle qu’il remet en question les principes mêmes de l’accès équitable aux fonctions électives et administratives.
De nombreux témoignages convergent : candidatures politiques entérinées en loge avant même d’être soumises aux appareils partisans ; postes à responsabilité attribués dans les collectivités sur recommandation discrète ; carrières accélérées pour les « frères ou sœurs » bien placé(e)s. Des pratiques qui échappent non seulement au regard des électeurs, mais aussi aux règles du Code général de la fonction publique, qui impose à tout agent public le respect du principe de neutralité et l’interdiction de favoriser un réseau,une appartenance philosophique ou religieuse dans l’exercice de ses fonctions.
Dans les collectivités locales, le phénomène est d’autant plus préoccupant que les loges peuvent compter, sur des élus, des directeurs de services et même des agents de contrôle, tous liés par un pacte de solidarité interne et ce, au mépris de la nécessaire impartialité et de l’égalité d’accès aux emplois publics garantie par l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.
Ces dérives constituent un dévoiement grave du fonctionnement démocratique. Les mécanismes de cooptation occultes et les réseaux d’influence entretiennent une forme d’opacité incompatible avec les exigences de transparence de la vie publique (loi n° 2013-907 du 11 octobre 2013) et alimentent un sentiment croissant de défiance des citoyens envers leurs institutions locales.
Il ne s’agit pas ici de jeter l’opprobre sur l’ensemble des obédiences maçonniques, dont certaines ont contribué historiquement à l’émancipation politique et sociale au sein de notre République. Mais lorsque l’appartenance à une loge devient un levier de promotion personnelle au détriment de la compétence ou de l’intérêt général on a affaire à une captation du pouvoir public.
Dans une République véritablement démocratique, le mérite, la transparence et le suffrage doivent primer sur les connivences, fussent-elles enveloppées d’idéaux fraternels. Il appartient aux élus, aux administrations, mais aussi à la presse et à la société civile, de briser l’omerta et d’exiger que les décisions publiques redeviennent ce qu’elles n’auraient jamais dû cesser d’être : publiques, responsables et justifiables devant tous.
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