affaire henrion
Bon à savoir

Clermont Auvergne Métropole : l’affaire Henrion expose les dérives d’un pouvoir verrouillé

À la suite de l’enquête publiée le 29 juillet 2025 par notre association, qui révélait une infiltration politique organisée au sein du groupe facebook SaccageClermont par un collaborateur de Clermont Auvergne Métropole, l’affaire a pris une tournure institutionnelle.

Face aux faits exposés  notamment l’utilisation de moyens publics pour des objectifs politiques, manipulation d’informations internes et collusion entre la mairie, la métropole et certains relais médiatiques, l’opposition municipale Les Républicains a officiellement demandé des comptes à Olivier Bianchi.

Le 5 août 2025, Julien Bony, président du groupe Indépendant et Républicain à la Métropole, a adressé une lettre ouverte au président de la métropole. Ce courrier interroge M. Bianchi sur :

    • la fonction exacte de M. Jérémie Henrion au sein de Clermont Auvergne Métropole,

    • son rattachement hiérarchique (cabinet du président ou direction de service),

    • les conditions de recrutement,

    • la compatibilité entre ses activités politiques et ses missions professionnelles.

lettre LR affaire Henrion
lettre LR affaire Henrion

Le document souligne également le manque de transparence de la collectivité, rappelant qu’aucune information publique ne permet d’identifier clairement le rôle de M. Henrion. L’opposition évoque les interrogations suscitées par sa présence récurrente sur les réseaux sociaux en pleine journée, suggérant un aménagement de poste ou un temps de travail atypique.

Faute de réponse dans les semaines suivantes, notre association a relancé l’opposition pour savoir si un échange officiel avait finalement eu lieu.

La lettre de réponse d’Olivier Bianchi, publiée ci-dessous, atteste que le sujet est désormais reconnu. Mais derrière la formule, la substance manque : le courrier se contente d’une mention de la conformité réglementaire du poste, d’un renvoi général aux délibérations de 2020, et d’une référence vague à un rapport sénatorial. Aucun élément précis sur les missions exercées, la justification du recrutement ou la compatibilité des fonctions n’est fourni.

La métropole botte en touche, s’abrite derrière des considérations juridiques et refuse d’entrer dans la moindre explication concrète. La réponse institutionnelle tient lieu de rideau de fumée.

Réponse Métropole affaire Henrion
Réponse Métropole affaire Henrion

Cette affaire révèle une fois encore la dérive d’une institution métropolitaine devenue l’extension administrative d’un pouvoir politique local, où la confusion des rôles entre élus, collaborateurs et communication interne sert davantage les intérêts d’un clan que ceux des citoyens. En refusant toute clarification réelle, Clermont Auvergne Métropole cautionne implicitement l’idée qu’un agent public puisse agir comme instrument politique, dans l’opacité la plus totale.

Cette absence de transparence mine la confiance dans les institutions et interroge la légitimité d’un fonctionnement où la collectivité semble utilisée comme structure de protection et de financement indirect du réseau d’influence du maire.

Derrière la réponse évasive d’Olivier Bianchi, c’est toute la gouvernance métropolitaine qui apparaît verrouillée, soustraite au contrôle démocratique, et désormais mise en cause dans sa capacité à garantir l’impartialité du service public.