Une opération présentée comme citoyenne
Depuis le 15 juillet 2025, le média en ligne 7 Jours à Clermont a lancé une série d’articles intitulée « Municipales 2026 : avant la bataille ». Selon les termes mêmes de leur présentation, il s’agit de « donner la parole à des personnalités locales d’horizons divers » afin de nourrir la réflexion citoyenne avant l’ouverture officielle de la campagne municipale à Clermont-Ferrand.
Dans l’intention, le principe semble vertueux : faire émerger un débat, prendre de la hauteur, sortir de la communication politicienne en créant un espace éditorial dédié à l’expression de figures locales. Mais derrière cette façade, la réalité est toute autre : un dispositif biaisé, verrouillé dès le départ au profit de la majorité municipale.
Trois tribunes, une seule couleur politique
Depuis le lancement de cette série, trois personnalités ont été mises en avant sur le site. Le point commun ? Toutes sont proches du pouvoir en place, voire directement aux responsabilités :
- Olivier Bianchi, maire PS de Clermont-Ferrand, a été le tout premier à inaugurer la série. L’article lui offre une tribune valorisante, sans contradiction, sans contextualisation critique de son bilan ni mention des polémiques ayant marqué son mandat.
- Nicolas Bonnet, député et élu métropolitain EELV, ancien soutien d’Olivier Bianchi, est le second invité. Interview balisée, ton convenu, pas une seule question dérangeante.
- David Ducreux, écrivain clermontois, troisième invité, propose un discours culturel consensuel, sans aucun propos critique envers la gestion municipale actuelle.
Une diversité factice et verrouillée
À la lecture de cette série, le constat est sans appel. Au 1er août 2025, aucun élu d’opposition, aucun représentant de la société civile critique, aucune voix associative ou syndicale indépendante n’a été invitée à s’exprimer.
- Pas un mot sur les critiques concernant la gestion du projet Inspire.
- Aucune mention du gaspillage de 530 000 € autour de la basilique Notre-Dame-du-Port.
- Silence total sur la vague de violences urbaines en juillet.
- Ignorance des mobilisations citoyennes sur l’urbanisme, la démocratie locale ou les finances publiques.
Il ne s’agit pas d’un oubli. C’est une stratégie : occuper le terrain, saturer l’espace de paroles convenues, figer le récit avant même que la campagne électorale ne s’ouvre.
Un média « indépendant »… dépendant dans ses pratiques
7 Jours à Clermont revendique être « 100 % indépendant ». Pourtant, depuis des mois, les faits indiquent un alignement constant avec la communication municipale :
- Relais de projets métropolitains sans contrepoints.
- Absence d’analyse critique des décisions publiques.
- Usage de la page Facebook comme chambre d’écho des annonces officielles. A noter qu’il n’a pas relayer la dernière attaque contre le groupe Facebook Saccageclermont.
Le média agit donc moins comme un contre-pouvoir que comme un auxiliaire discret de la communication municipale.
La mécanique de la saturation douce
Cette série d’articles n’est pas une simple chronique. Elle constitue un outil de pré-cadrage du débat, destiné à :
- Donner de la légitimité aux figures déjà en place,
- Offrir une illusion de pluralisme,
- Exclure les voix critiques sans même les nommer.
Tout cela se fait avant que l’opinion ne s’éveille, avant que les citoyens n’entrent en vigilance. C’est une manœuvre classique : verrouiller le sens avant le débat.
Au 1er août 2025, aucune voix d’opposition municipale, d’association indépendante ou de représentant citoyenne s’est exprimée dans la série « Municipales 2026 » de 7 Jours à Clermont. Le vernis de pluralisme s’effrite. Ce média, qui se proclame neutre, fonctionne en réalité comme le bras médiatique d’une stratégie de reconduction du pouvoir en place.





