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Bon à savoir

Quand la gauche quitte le peuple

C’est en tant que président de l’association Vigilance citoyenne Clermont Métropole que je m’exprime aujourd’hui.

En presque deux ans d’existence, tous les Clermontois peuvent être témoins de l’impartialité de VCCM et de sa totale objectivité dans le traitement de l’actualité politique sur notre territoire. Nous n’avons jamais cédé à aucune sirène ni à aucun parti. Notre seul choix a toujours été celui du réel et de la vérité. Tel est la raison même de l’existence de Vigilance citoyenne : montrer la réalité aux Clermontois.

Il s’agit de ce que l’on appelle ; la médiation scientifique et culturelle. À travers nos articles, nous essayons de transmettre des éléments de compréhension du réel à nos concitoyens clermontois. Notre équipe éditoriale comprend d’ailleurs des contributeurs issus de tout le spectre politique, ce qui participe à la pluralité des points de vue et à l’exigence de débat que nous essayons de maintenir.

La plupart d’entre nous sont aujourd’hui atterrés par la situation que nous vivons et par les multiples crises que traverse notre pays, crises qui se ressentent également à l’échelle locale.

C’est pourquoi, pour la première fois, en tant que président de Vigilance citoyenne, je me permets d’exprimer mon choix. Je le fais avec gravité, car je considère que l’heure est sérieuse et qu’il est temps pour les citoyens de sanctionner leurs élus lorsque ceux-ci s’éloignent trop des attentes du peuple.

J’appelle tous les communistes sincères et patriotes à ne pas voter pour Olivier Bianchi.

La gauche qu’il représente n’est pas, à mes yeux, la gauche du peuple. Elle apparaît davantage comme une gauche d’appareils, de réseaux et de cercles de pouvoir qui prétendent parler au nom du peuple tout en s’en éloignant progressivement.

Depuis plusieurs années, un discours s’est installé dans le débat public. Il consiste à opposer un prétendu « camp du bien » à des adversaires politiques présentés comme des menaces. Cette rhétorique permet trop souvent d’éviter les questions de fond.

Car pendant que ces oppositions symboliques occupent l’espace médiatique, les transformations économiques continuent. Mondialisation, concentration des richesses, précarisation du travail : ces phénomènes bouleversent profondément notre société.

À Clermont-Ferrand, ces évolutions se traduisent également par des transformations visibles de la ville et de son économie. Beaucoup d’habitants ont parfois le sentiment que ces changements se font sans véritable débat démocratique ni consultation réelle de la population.

Dans le même temps, le débat politique semble se concentrer de plus en plus sur des questions symboliques ou sociétales. Pourtant, pour beaucoup de citoyens, la question centrale demeure celle des classes sociales : celle du travail, du pouvoir d’achat et de la dignité de ceux qui vivent de leur travail. Il faut rappeler que, pendant qu’on dessine des passages piétons LGBT, 1/4 des clermontois basculent sous le seuil de pauvreté !

Une véritable gauche populaire ne devrait pas opposer les causes les unes aux autres. Elle devrait défendre la dignité de tous :
de ceux qui travaillent,
de ceux qui ont un salaire mais n’arrivent plus à finir le mois,
de ceux qui voient leur ville changer sans qu’on leur demande réellement leur avis.

Ces citoyens existent à Clermont-Ferrand comme ailleurs. Et ils sont de plus en plus nombreux à avoir le sentiment de ne plus être entendus.

D’ailleurs, près d’un électeur sur deux ne s’est pas déplacé pour voter. Ce niveau d’abstention constitue un signal politique grave. Il traduit une défiance profonde entre les institutions et une partie du peuple.

Au niveau national, les orientations prises par certaines forces politiques suscitent également des interrogations dans une partie de l’électorat populaire. Les choix stratégiques de La France insoumise autour de Jean-Luc Mélenchon contribuent, pour certains, à déplacer le centre du débat politique vers d’autres priorités que celles qui structuraient historiquement la gauche sociale.

Clermont-Ferrand mérite pourtant mieux qu’un récit simpliste opposant les « bons » et les « mauvais ». Les habitants ont droit à un débat honnête sur les choix économiques, urbains et sociaux qui transforment leur ville.

Une ville ne se gouverne pas uniquement avec des postures morales ou des mesures symboliques. Les citoyens attendent des décisions concrètes, une vision claire et une véritable prise en compte de leurs préoccupations quotidiennes.

Il y a d’ailleurs une question théorique que presque plus personne ne prend le temps de poser aujourd’hui : qu’est-ce que la droite ? qu’est-ce que la gauche ?

Ces mots sont devenus des étiquettes que l’on agite dans le débat public, mais dont le sens réel semble de plus en plus flou. On les utilise pour classer ou disqualifier, mais on ne prend plus le temps d’interroger ce qu’ils signifient réellement.

Il est pourtant intéressant de rappeler que cette opposition remonte à la Révolution française. Dans l’assemblée révolutionnaire, les députés favorables aux transformations les plus radicales siégeaient à gauche du président de séance, tandis que les plus modérés se plaçaient à droite.

À l’époque, des groupes comme les Montagnards et les Girondins représentaient déjà des sensibilités politiques différentes au sein du mouvement révolutionnaire.

Mais plus de deux siècles plus tard, continuer à utiliser ces catégories comme si leur signification était restée intacte pose question. Avant de prétendre reparler sérieusement de droite et de gauche, il faudrait peut-être commencer par réfléchir au sens de ces mots.

Dans ce contexte, les étiquettes traditionnelles ne suffisent plus à décrire la réalité politique locale. Julien Bony n’est pas nécessairement plus « de droite » que Olivier Bianchi ne serait véritablement « de gauche ».

Je tiens néanmoins à saluer la position de Julien Bony, qui a fait le choix de ne pas s’allier avec l’extrême droite. Dans le contexte politique actuel, cette décision mérite d’être soulignée.

Le communiste que je suis respectera toujours un démocrate gaulliste lorsqu’il agit dans le cadre républicain et qu’il refuse les alliances contraires à ses convictions.

C’est pourquoi, dans ce second tour des élections municipales à Clermont-Ferrand, j’appelle les électeurs à voter pour Julien Bony.

Dimanche, les citoyens auront la parole.

S’ils souhaitent rappeler à leurs élus que la politique doit rester au service du peuple et de l’intérêt général, ils ont aujourd’hui l’occasion de le faire.

Nicolas, président de l’association