Dix ans de discours, zéro résultat : la vérité sur le faux combat ferroviaire d’Olivier Bianchi
Depuis dix ans, Olivier Bianchi joue la même partition : indignation théâtrale, tribunes solennelles, déclarations martiales sur « l’abandon du Massif central ».
La ligne Intercités Paris–Clermont-Ferrand, devenue symbole d’un service public en panne, lui offre un terrain politique idéal. Le problème est simple : le discours change, le décor change, les formules changent, mais les résultats, eux, ne changent pas.
L’historique est incontestable. Depuis 2014, la ligne Paris–Clermont reste l’une des pires de France : retards chroniques, rames obsolètes, incidents répétés, temps de trajet variant entre 3 h 20 et 3 h 40. Le « Plan Marshall » réclamé en 2019 ? Jamais obtenu. Les coups d’éclat de 2020 et 2021 ? Sans effet. Le « Train de la Colère » de 2023 ? Un cortège symbolique, immédiatement oublié par les décideurs nationaux. Les réunions avec l’État ? Diplômatie de façade, suivie du constat désabusé formulé lui-même par Bianchi en janvier 2023 : « En six ans, je n’ai pas réussi à faire bouger la SNCF. »
Dix ans de combat autoproclamé, dix ans sans avancée réelle.
Quand les élections approchent, le ton change soudainement. Le maire se remet en campagne permanente, tout en prétendant défendre le Massif central. Et c’est précisément ce que montre sa dernière sortie médiatique concernant le projet de liaison à grande vitesse Bordeaux–Lyon « via Paris ». La nouvelle configuration lui fournit une nouvelle indignation prête à l’emploi. Le texte de son communiqué, publié le 27 novembre, en dit long sur la mécanique : reprendre les mêmes éléments de langage, jouer sur la fibre territoriale, dénoncer l’État central, exiger un « rôle planificateur »… mais ne jamais évoquer ce qu’il aurait pu faire, lui, à son propre niveau, depuis 2014.
Le point essentiel est là : Olivier Bianchi se pose en défenseur d’un territoire qu’il n’a jamais su, ni tenté sérieusement de faire peser à l’échelle nationale. Il ne construit aucune stratégie locale, n’utilise aucun levier politique majeur, n’obtient aucune concession, aucun calendrier, aucun arbitrage ferme. Chaque incident ferroviaire devient alors une opportunité de communication.
Un maire qui obtient des résultats s’appuie sur trois éléments : constance, pression politique efficace, alliances durables. Un maire qui n’obtient que des tribunes médiatiques s’appuie sur trois autres : indignation récurrente, posture victimiste, timing opportun. Ce second schéma correspond, de manière exhaustive, à la chronique ferroviaire d’Olivier Bianchi depuis dix ans.
La réalité est limpide : Bianchi ne s’agite qu’à l’approche d’échéances importantes : élections municipales, candidature Clermont 2028, négociations métropolitaines. Le reste du temps, le dossier reste en sommeil, jusqu’à la prochaine opportunité de produire un communiqué enflammé qui ne modifie rien de concret.
Pendant ce temps, les Clermontois continuent de payer les retards, les suppressions de trains, les arrêts techniques, les nuits glaciales passées dans des wagons immobilisés. Et surtout, ils continuent de dépendre d’une liaison ferroviaire qui subit depuis des décennies l’inaction des élus locaux autant que l’indifférence de l’État.
Notre association rappelle ce principe : moins de déclarations, plus d’actions mesurables. Ce que les habitants attendent n’est pas une nouvelle indignation sur Facebook, mais un bilan clair, des résultats tangibles et une stratégie réelle pour défendre enfin la place de Clermont-Ferrand dans la carte ferroviaire française.






