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Violences, ghettos, HLM : l’échec d’un modèle français

Le 18 juillet 2025, une séquence diffusée sur CNEWS dans l’émission La Matinale mérite toute notre attention. Elle fait écho à une problématique grandissante dans les villes dites « moyennes », dont Clermont-Ferrand fait partie : la montée des violences, l’enracinement du narcotrafic et l’impuissance apparente des pouvoirs publics.

Tout commence par une carte publiée par le Journal du Dimanche représentant une France « Orange Mécanique ». On y observe une généralisation des violences urbaines, avec la mise en place de couvre-feux dans plusieurs communes pour les mineurs de moins de 16 ans. Cette mesure a été adoptée récemment dans des villes comme Béziers, Colmar, Perpignan, ou Nîmes. On s’interroge alors : pourquoi pas à Clermont-Ferrand ? La loi donne pourtant au maire le pouvoir de prendre ce type d’arrêté municipal dans le cadre de ses prérogatives de police administrative.

Un chiffre publié par la Cour des Comptes est ensuite rappelé à l’écran : 79 % des communes françaises sont touchées par le narcotrafic. Une donnée vertigineuse, qui brise le mythe d’un phénomène circonscrit aux seules grandes métropoles.

À 2 min 23 de la séquence, la parole est donnée à Antonin Ferreira Roche, fondateur de l’Institut pour l’Audace Politique. Il ne mâche pas ses mots et identifie un « dénominateur commun » à ces zones à forte insécurité : « la concentration de populations étrangères ou issues de l’immigration extra-européenne dans des quartiers devenus des ghettos. […] Ce sont des territoires où l’on concentre la misère, le chômage, et où les forces de l’ordre ne peuvent parfois plus entrer. » Il dénonce l’absence de lois permettant d’empêcher la formation de ces enclaves urbaines. Selon lui, « on a créé la misère en la répartissant sur toute la France. »

Amine Elbahi, juriste et auteur, lui emboîte le pas en évoquant la déresponsabilisation politique dans la gestion de la politique sociale. Il cite un exemple saisissant : la difficulté d’expulser des familles de délinquants, même condamnées, car la loi DALO (Droit au logement opposable), promulguée le 5 mars 2007 sous la présidence de Jacques Chirac, impose à l’État de leur fournir un relogement. Une obligation qui bloque toute tentative réelle de fermeté.

Il rappelle aussi que la France vit sous le joug de la loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain), promulguée le 13 décembre 2000 sous le gouvernement de Lionel Jospin. Cette loi oblige les villes à atteindre un quota de logements sociaux, sous peine d’amendes. C’est dans ce contexte que s’expliquent les constructions incessantes dans des communes comme Clermont-Ferrand, où la densification urbaine devient un impératif administratif, au mépris parfois du cadre de vie ou de l’avis des riverains.

Antonin Ferreira Roche conclut en qualifiant le parc HLM de « symbole de l’échec d’une politique sociale » qui coûte, selon lui, 40 milliards d’euros par an à l’État et contribue à la communautarisation du territoire.

À l’heure où Clermont-Ferrand est secouée par des faits divers violents à répétition, ce débat soulève une question cruciale : la municipalité utilise-t-elle réellement tous les leviers qui sont à sa disposition pour lutter contre cette insécurité croissante ? La réponse ne saurait être évitée à l’approche des élections municipales de 2026.