Après les analyses des programmes de Olivier Bianchi, Julien Bony, Marianne Maximi et de la liste RN menée par Antoine Darbois, Vigilance Citoyenne Clermont Métropole examine aujourd’hui le programme du mouvement citoyen Le Réveil Clermontois.
Ce document présente 100 mesures, structurées autour de la démocratie locale, de la sécurité, de l’économie, de la mobilité et du cadre de vie.
Un programme dense, porté par une logique citoyenne et participative. Mais comme pour tous les autres candidats, la question centrale reste : quelle faisabilité réelle pour Clermont-Ferrand ?
1. Une forte dimension citoyenne
Le programme insiste sur :
- conventions citoyennes
- forums spécialisés
- comités d’arrondissement
- référendums d’initiative partagée
L’objectif est clair : reconstruire la confiance démocratique.
C’est un point positif dans une ville où les habitants dénoncent depuis longtemps le manque de concertation sur Inspire, l’urbanisme ou les grands travaux.
Mais la participation ne remplace pas la décision.
Une municipalité doit arbitrer, budgéter, planifier.
2. Sécurité : approche organisationnelle
Le programme propose :
- brigades spécialisées (anti-incivilités, scolaire, commerçants, environnement…)
- CSU renforcé
- montée progressive des effectifs (30 recrutements puis 10 par an)
L’approche est intéressante car structurée.
Mais plusieurs questions :
- coût total des recrutements
- coordination avec Police nationale
- formation et équipement
Sans chiffrage précis, l’efficacité reste hypothétique.
3. Économie : des idées utiles mais complexes
Exemples :
- forum économique métropolitain
- conciergerie économique
- commande publique locale
- label « acheter en ville »
Ces idées existent déjà dans d’autres collectivités.
Mais Clermont connaît un problème structurel de commerces vacants et de circulation difficile.
Sans réforme globale de la mobilité et de l’urbanisme, ces mesures auront un impact limité.
4. Mobilité : un angle prudent
Le programme propose :
- convention citoyenne sur les mobilités
- amélioration T2C
- transports nocturnes
- réduction du temps de recherche de stationnement
C’est plus prudent que les autres programmes.
Mais Clermont est déjà en pleine transformation avec Inspire.
Le programme ne tranche pas clairement sur :
- coût du projet
- axes fermés
- impact commerce
Il évite le cœur du débat.
5. Urbanisme et environnement : cohérence globale
On trouve :
- végétalisation massive
- îlots de fraîcheur
- priorité rénovation plutôt que démolition
- renaturation des parkings
Ces idées répondent à des critiques anciennes sur la destruction du patrimoine et la bétonisation.
Mais la question reste : quel financement ? quelles priorités ?
Planter 10 000 arbres coûte moins cher que rénover un quartier. Les arbitrages doivent être clairs.
6. Gouvernance : volonté de simplification
Le programme propose :
- dissolution du SMTC
- clarification métropole / ville
- open data
- audit RH
Ces mesures répondent à un vrai problème de complexité administrative.
Mais certaines décisions relèvent de la Métropole ou de l’État.
Une municipalité seule ne peut pas tout réformer.
7. Comparaison avec la réalité clermontoise
Depuis des années, Clermont-Ferrand connaît :
- critiques sur Inspire
- gaspillage d’études publiques (Notre dame du Port ou Marché Saint Pierre pour exemple)
- inquiétude sur la sécurité
- déclin du commerce centre-ville
Le programme du Réveil Clermontois part d’un diagnostic citoyen mais reste prudent sur les choix difficiles.
Contrairement à certains programmes plus idéologiques ou plus sécuritaires, il évite les ruptures nettes.
Mais sans décisions fortes, les problèmes structurels resteront.
Conclusion
Le programme du Réveil Clermontois apporte une vision citoyenne et participative intéressante. Il met en avant la démocratie locale, la concertation et des solutions pragmatiques.
Mais comme pour tous les programmes municipaux analysés à Clermont-Ferrand, les mêmes limites apparaissent :
- absence de chiffrage global
- absence d’arbitrages budgétaires
- faisabilité juridique parfois incertaine
À ce stade, il s’agit d’un programme cohérent dans ses intentions, mais encore insuffisant dans sa traduction opérationnelle.
Pour Clermont-Ferrand, la campagne municipale doit dépasser les catalogues de mesures et présenter enfin des projets chiffrés, hiérarchisés et réalisables.





