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Bon à savoir

Saccage de Clermont-Ferrand : Quand les promoteurs et les dealers attaquent la ville, les élus attaquent la démocratie !

Pour une fois, il ne s’agit pas de céder à la facilité en accablant notre maire, déjà en butte à toutes les critiques, de tous les maux. Non. Il faut rendre à César ce qui appartient à César, car le problème est bien plus profond. Le saccage de notre ville n’est pas l’œuvre d’un homme seul : il est le produit d’un système.

On peut presque plaindre l’édile, rongé peut-être par la culpabilité, mais surtout prisonnier d’un projet – Inspire – pensé, ou plutôt impensé, sur un modèle importé de Paris, conçu dans le huis clos du confinement, validé après quelques consultations de façade, pour la somme vertigineuse de presque 400 millions d’euros.

Rappelons-nous cette phrase devenue symbole, celle de M. Cineux : « On fait tout comme Hidalgo ! Il y aura des gagnants et des perdants ! ». Tout était dit. À la mairie, il n’y avait pas de pilote dans l’avion. Nos élus ont donné les clefs de la ville à des cabinets de conseil alliés de promoteurs qui auront, des années durant, festoyé sur le dos des contribuables. Nos responsables politiques locaux sont devenus de simples figurants dociles d’une farce capitaliste dont l’histoire, un jour, pourra faire une comédie !

Et que reste-t-il aujourd’hui de la promesse d’Inspire, après trois ans de chantiers insupportables pour les habitants ? Une offre d’emploi publiée par Vinci pour recruter, enfin, un spécialiste en urbanisme capable de comprendre ce qui se passe, et peut-être de sauver un projet déjà bancal. Voilà où nous en sommes : la ville transformée en laboratoire, les citoyens en cobayes.

Offre emploi Vinci
Offre emploi Vinci

Concernant le narcotrafic et l’insécurité, c’est un peu différent, mais cela revient au même. La ville est la proie du capitalisme mondialisé dans toute sa violence. Et nos élus se sont fait berner par de vieilles habitudes électoralistes. Ils ne sont responsables de rien d’autre ! Les enjeux dépassent largement le cadre local et les compétences d’une mairie, quelle que soit sa couleur politique. La seule chose qu’on peut leur reprocher, au-delà de leur ignorance, c’est leur volonté perfide de nous faire douter du réel en travestissant, quand ils le peuvent, le langage.

Les phénomènes multiples que nous observons – incivilités, violences, fragmentation, délitement, indifférence aux dysfonctionnements des institutions, discours insensés – ne sont pas des accidents ni des aberrations : ce sont les symptômes d’une rupture déjà prononcée du contrat social français global. Le système tient encore debout, il reste des mécanismes, mais il n’y a plus de croyance collective. Il ne demeure alors que des intérêts divergents, contraints de cohabiter. Et nos élus font semblant d’ignorer ce fait gravissime.  Ils ne sont donc responsables de rien mais sont coupables :

Voilà donc la vérité : dans notre société abîmée, nos élus instrumentalisent les médias et les mots. Les mots orientent nos pensées et façonnent nos actions. Quand on les travestit, c’est la conscience collective qu’on désarme.

Il faut le dire : nous sommes entrés dans un moment orwellien. Nos élus, bien mal élus et totalement incompétents, ont essayé de nous cacher une partie de la vérité. Le langage nous échappe, la pensée nous échappe, et avec elles la possibilité de décider de notre avenir. « C’est dans les mots que nous pensons », écrivait Hegel. Voilà pourquoi il est urgent et vital que le peuple reprenne le pouvoir.

Il faut commencer par redonner un vrai sens aux mots et ne plus nier le réel si nous voulons construire un avenir pour nos enfants.